La Syrie mise au ban de la Ligue arabe

Le ministre des Affaires étrangères et Premier ministre du Qatar Hamad bin Jassem bin Jabr al-Thani (à droite) en pleine discussion avec le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi, lors d'un conseil des ministres extraordinaire sur la situation en Syrie.

L'institution panarabe a décidé de suspendre l'adhésion de la Syrie et réclamé des sanctions contre Damas qui avait accepté il y a dix jours le plan de sortie de crise de la Ligue sans pour autant l'appliquer. La Syrie a qualifié la décision d'illégale. L'Union européenne a apporté son plein soutien aux décisions de la Ligue arabe.

Déjouant les attentes, la Ligue arabe, dont les ministres des Affaires étrangères tenaient réunion au Caire samedi, a suspendu la Syrie et demandé à l'armée syrienne de cesser de tuer des civils.

Dix-huit des 22 membres de la Ligue ont voté en faveur d'un appel à tous les courants de l'opposition à "se mettre d'accord sur un projet unique pour la gestion de la transition prochaine en Syrie", a expliqué lors d'une conférence de presse, Hamad ben Jassem al-Thani, qui a présidé samedi une réunion de la Ligue arabe sur la Syrie. Il a précisé que l'institution panarabe souhaitait rencontrer tous les courants de cette opposition dans les trois jours, au Caire, pour parler de ce projet.

La suspension de l'adhésion de la Syrie à la Ligue arabe était l'une des revendications principales de l'opposition syrienne dont les différents courants se sont succédés au Caire ces derniers jours pour rencontrer Nabil al-Arabi, le secrétaire général de la Ligue arabe. La suspension entrera en vigueur le 16 novembre.

Le représentant de la Syrie auprès de la Ligue arabe a estimé quant à lui que la décision de l'organisation de suspendre son pays violait la charte de la ligue, a rapporté la télévision nationale syrienne.

"On nous a reproché d'attendre longtemps, mais c'était par inquiétude pour la Syrie", a estimé pour sa part le Premier ministre du Qatar, devant la presse au Caire. "Il nous fallait une majorité pour approuver ces décisions".

Les ministres arabes ont également appelé au retrait des ambassadeurs arabes à Damas, a déclaré le responsable qatari qui s'exprimait à l'issue d'une réunion ministérielle consacrée aux mesures à prendre à l'encontre de Damas, qui a accepté il y a dix jours le plan de sortie de crise de la Ligue sans pour autant l'appliquer.

Selon les Nations unies, la répression du mouvement de contestation, qui a débuté en mars en Syrie, a fait dans les 3.500 morts. Le président syrien Bachar al Assad a poursuivi la répression militaire en dépit du plan de paix arabe présenté le 2 novembre.

"Si la violence et les crimes ne cessent pas, le secrétaire général se tournera vers les organisations internationales chargées des droits de l'homme, dont les Nations unies", a déclaré Hamad ben Jassem al-Thani.

Alors que les ministres de la Ligue arabe tenaient leur réunion, une centaine de manifestants réunis aux abords du siège de l'organisation ont étendu des linceuls, symboles des milliers de morts de la répression du mouvement de contestation.

"Bachar dégage, la Syrie est libre!", ont-ils scandé en agitant des drapeaux syriens et des banderoles où l'on pouvait lire "Le peuple réclame une protection internationale".

L'Union européenne a apporté son plein soutien aux décisions de la Ligue arabe. "Nous soutenons pleinement les décisions prises par la Ligue arabe aujourd'hui, qui montrent l'isolement croissant du régime syrien", a déclaré un porte-parole de la chef de la diplomatie de l'UE Catherine Ashton.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés