La TVA arrive dans les pays du Golfe

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Les monarchies pétrolières arabes préparent une TVA sur fond de crise du Golfe. Objectif: combler leurs déficits, réduire leur dépendance aux recettes pétrolières et donc diversifier leurs revenus.

Les monarchies pétrolières du Golfe -qui des décennies durant ont attiré des millions d'étrangers via une absence d'impôts sur le revenu- se préparent à introduire en 2018 une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) pour combler leurs déficits budgétaires et surtout réduire leur dépendance aux recettes pétrolières. On estime aussi que cette taxe devrait générer des revenus équivalant jusqu'à 1,5% de leur PIB cumulé."Cette taxe constitue un outil de sécurité durable pour l'avenir", indique Jeanine Daou, PwC Moyen-Orient.

Un grain s'est toutefois mis dans l'engrenage: la crise diplomatique entre d'une part l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Bahreïn et d'autre part le Qatar. Cette rupture remet en cause la faisabilité de cette réforme fiscale collective des membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

Il semble donc que le Qatar cherche à retarder la mise en oeuvre de cette réforme fiscale. Et pour cause, si la crise devait se prolonger, le Qatar continuerait à substituer ses importations d'Arabie saoudite et des Émirats (estimées à 4,55 milliards de dollars par an) via des fournisseurs hors CCG, souligne M.R. Raghu, vice-président du Kuwait Financial Center (Markaz). "Appliquer la TVA dans un tel scénario entraînerait des pressions inflationnistes notamment pour les produits alimentaires", ajoute-t-il.

Moins d'attrait pour les expatriés

L'objectif d'une TVA de 5% "vise à équilibrer les revenus publics et à favoriser un environnement commercial attractif tant pour les expatriés que pour les entreprises", explique Monica Malik, économiste à l'Abu Dhabi Commercial Bank. Même avec une telle TVA,  la région du Golfe restera l'une des zones à plus faible imposition dans le monde. "Ce n'est pas une taxe sur les sociétés", rappelle-t-elle, ajoutant: "C'est une nouvelle obligation, mais elle ne restreindra pas les entreprises à investir dans la région".
Les commerçants semblent, eux, réticents. "Dans le commerce de gros, notre profit n'atteint pas 5%", entend-on. L'absence d'information est aussi dénoncée: "Jusqu'à présent, le gouvernement ne nous a rien dit sur la taxe", se plaint Abdallah al-Marzouqi, ajoutant toutefois se plier aux règlements.


 

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