Publicité
Publicité

Le cessez-le-feu à Gaza provoque la démission du ministre israélien de la Défense

Avigdor Lieberman, ministre israélien de la Défense ©REUTERS

Le ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman a démissionné du gouvernement au lendemain d'un accord conclu entre Israël et les groupes palestiniens sur un cessez-le-feu dans la bande de Gaza.

Une "capitulation devant le terrorisme". C'est avec ces mots que le ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman a dénoncé l'accord indirectement conclu par Israël avec les groupes palestiniens sur un cessez-le-feu dans la bande de Gaza. Le ministre ultranationaliste a annoncé sa démission ce mercredi.

"L'Etat achète le calme à court terme au prix de graves dommages à long terme pour la sécurité nationale", a-t-il déclaré.

©REUTERS

Ce cessez-le-feu entre Israël et les groupes palestiniens de Gaza intervient après la plus sévère confrontation depuis la guerre de 2014. Les écoliers du sud d'Israël et de la bande de Gaza ont repris la classe ce mercredi, trois jours après le début d'une escalade qui a vu les groupes armés palestiniens tirer des centaines de roquettes et d'obus de mortier sur Israël, et l'armée israélienne bombarder des dizaines de positions dans l'enclave.

Quatorze Palestiniens ont été tués par les tirs et frappes israéliens. Les hostilités ont causé la mort d'un officier israélien et d'un autre Palestinien travaillant en Israël, tué par une roquette. Plus qu'à aucun autre moment depuis 2014, elles ont rapproché les protagonistes d'une quatrième guerre en une décennie dans le territoire sous blocus coincé entre Israël, l'Egypte et la Méditerranée, avant l'annonce mardi après-midi d'un cessez-le-feu sur intercession égyptienne.

©AFP

L'aviation israélienne et les roquettes palestiniennes se sont en conséquence tues mardi après-midi. Et la vie a repris son cours dans la bande de Gaza éprouvée par les guerres, la pauvreté, les pénuries et le chômage. Du côté israélien, toutes les restrictions ont été levées aux activités dans les localités périphériques de Gaza, où les tirs de roquettes avaient précipité les résidents aux abris. Les trains devaient recommencer à circuler.

"Victoire sur Israël"

Le mouvement islamiste Hamas, qui dirige sans partage la bande de Gaza, et les autres groupes palestiniens ont indiqué qu'ils respecteraient le cessez-le-feu "aussi longtemps que l'ennemi sioniste le respectera". Le Hamas et ses alliés se sont employés à véhiculer un message de succès.

"Nous respecterons le cessez-le-feu aussi longtemps que l'ennemi sioniste le respectera".
Hamas

Après l'annonce du cessez-le-feu, des milliers de Gazaouis ont participé à des manifestations de joie pour proclamer la "victoire sur Israël". Un contraste frappant avec la situation de l'autre côté de la frontière. Nombre d'Israéliens de la "périphérie" soumise aux tirs de roquettes ont exprimé dans la rue et sur les réseaux sociaux leur ressentiment contre un gouvernement qui devrait à leurs yeux frapper plus fort les groupes palestiniens.

Le gouvernement israélien déchiré

Les divisions causées depuis des mois au sein du gouvernement israélien par la stratégie à adopter face au Hamas ont éclaté encore davantage au grand jour. Des centaines d'Israéliens ont manifesté mardi soir à Sdérot, commune riveraine de Gaza, contre le fait que le gouvernement les laisserait à la merci de nouvelles attaques au lieu de matraquer le Hamas. "Réveillez-vous, le sud est en train de brûler" proclamait une banderole auprès de feux de rue.

©AFP

Malgré des mois de tensions persistantes le long de la frontière avec Gaza, le Premier ministre israélien a fait le choix du cessez-le-feu plutôt que de l'escalade militaire, faute d'options, s'accordent les commentateurs. Netanyahu préfèrerait contenir le Hamas plutôt que de tenter de l'éliminer, inquiet soit du vide que laisserait le mouvement islamiste, soit de l'impossibilité pour Israël d'assumer la sécurité d'un territoire d'où il s'est retiré en 2005.

Lors d'une réunion du cabinet de sécurité, forum restreint chargé des questions les plus sensibles autour du Premier ministre, les responsables de l'armée et de tous les services de sécurité ont plaidé pour le cessez-le-feu, a rapporté la presse, et Netanyahu les a suivis, sans soumettre la question à un vote.

©Photo News

Le ministre ultranationaliste de la Défense, qui a déjà dit par le passé qu'un arrangement avec le Hamas était impossible et préconisé de lui porter un "coup sévère", a immédiatement pris ses distances en publiant un communiqué pour démentir avoir soutenu un arrêt des opérations israéliennes. Un autre pilier de la coalition et partisan de la manière forte, le ministre de l'Education et chef du parti nationaliste religieux Foyer juif, Naftali Bennett, a fait de même.

Surenchère électoraliste

L'opposition a également attaqué Netanyahu. Depuis des mois, des élections anticipées avant l'échéance prévue de novembre 2019 sont dans l'air, favorisant les surenchères. Le Conseil de sécurité de l'ONU, quant à lui, s'est réuni à huis clos mardi pour discuter de Gaza, mais s'est séparé sur un constat d'échec, ont indiqué des diplomates.

Gaza et ses alentours sont en proie depuis fin mars aux tensions qui ont culminé à de nombreuses reprises dans des flambées de violences jusqu'alors retombées au bout de quelques heures.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés