Le pétrole s'envole après un tweet de Trump sur l'Iran

Un drone "RQ-4 Global Hawk" aurait été abattu par les Gardiens de la révolution. ©EPA

Le pétrole a terminé en forte hausse à New York suite à la destruction d'un drone américain par l'Iran et un tweet de Trump dans la foulée évoquant "une énorme erreur". La tension continue d'augmenter entre les deux pays.

Tôt ce jeudi matin, le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI), bras armé du Guide suprême iranien Ali Khamenei, rapportait, par le biais de son organe de presse "Sepah News", avoir abattu un drone "espion" américain alors qu'il survolait illégalement le territoire aérien iranien. L'événement a été ensuite repris par l'agence de presse gouvernementale "IRNA" et par la chaîne de télévision d'Etat "Press TV" avant de susciter des réactions officielles dans les deux camps.

Ce jeudi après-midi, le président américain a réagi sur Twitter, évoquant "une énorme erreur" de l'Iran.

Dans la foulée, les cours du pétrole ont bondi et ont terminé la journée en forte hausse. Le contrat juillet sur le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) a bondi de 2,89 dollars, soit 5,38%, à 56,65 dollars le baril après avoir brièvement atteint les 57 dollars durant la séance. Le Brent s'est adjugé pour sa part 2,63 dollars, soit 4,25%, à 64,45 dollars.

"Il y a une conjugaison d'éléments favorables: le cycle annoncé de baisse des taux va affaiblir le dollar et profiter aux matières premières ; à cela s'ajoutent les tensions avec l'Iran."
John Kilduff
Associé chez Again Capital Management

La perspective d'une baisse des taux aux Etats-Unis, qui a propulsé Wall Street à un nouveau record, et l'annonce mercredi d'une baisse des stocks américains de brut ont aussi soutenu la tendance, particulièrement pour le WTI dont l'écart avec le Brent est revenu à son plus bas niveau depuis avril. "Il y a une conjugaison d'éléments favorables: le cycle annoncé de baisse des taux va affaiblir le dollar et profiter aux matières premières ; à cela s'ajoutent les tensions avec l'Iran", commente John Kilduff, associé chez Again Capital Management à New York. Même sans escalade entre l'Iran et les Etats-Unis, "la baisse des taux de la Fed apportera un soutien durable au marché", abonde Olivier Jakob, analyste chez Petromanix.

Deux versions

"Nos frontières sont une ligne rouge à ne pas franchir et l'Iran réagira avec force contre toute agression."
Hossein Salami
Commandant en chef du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CRGI).

Le secrétaire général du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Shamkhani a rapidement déclaré, au sujet de l'événement, "nous défendrons l'espace aérien et les frontières maritimes du pays de toutes nos forces." Par la suite, le commandant en chef des forces du CRGI, Hossein Salami, s'est prononcé fermement, prévenant: "Nos frontières sont une ligne rouge à ne pas franchir et l'Iran réagira avec force contre toute agression. L'Iran ne veut la guerre avec personne mais nous sommes prêts à défendre notre pays." Le premier Gardien de la révolution espère que la chute du drone américain enverra "un message clair" aux Etats-Unis.

Hossein Salami, le chef du Corps des Gardiens de la révolution islamique. ©EPA

L'engin, un modèle "RQ-4 Global Hawk" du fabriquant Northrop Grumman selon le CGRI, serait tombé aux abords du golfe persique, dans la province d'Hormozgan, au sud du pays. D'après les Gardiens de la révolution, le drone provenait d'une base militaire américaine située dans le golfe persique et avait désactivé ses fonctions de localisation.  

Côté américain, le porte-parole du Commandement central de l'armée, Bill Urban, a quant à lui nié toute présence des Etats-Unis dans le ciel iranien. En revanche, un responsable militaire américain anonyme a, par après, confirmé à l'agence Reuters qu'un drone d'observation "MQ-4C Triton" avait été frappé et détruit par un missile sol-air dans l'espace aérien international au-dessus du détroit d'Ormuz.

En début d'après-midi, le porte-parole américain a contesté les accusations iraniennes dans un bref communiqué. Plus loin, il a confirmé la présence et la destruction d'un drone d'observation dans la région, en qualifiant l'attaque iranienne de "gratuite", arguant que: "l'appareil de surveillance se situait dans un espace aérien international."  

La tension monte (et le pétrole aussi)

Si certaines divergences demeurent concernant la nature et la localisation précise de l'appareil, il est évident que cet incident exacerbe le climat, déjà tendu, entre les deux pays, une semaine après les accusations américaines de sabotage par l'Iran de deux pétroliers internationaux. L'Iran avait alors catégoriquement nié toute implication dans les explosions des tankers japonais et norvégiens survenues le 13 juin près du détroit d'Ormuz, en mer d'Oman.

Allié historique de l'Iran, le Président russe Vladimir Poutine a profité de sa séance de questions-réponses télévisée annuelle pour qualifier une potentielle réponse armée américaine de "catastrophique" pour le Moyen-Orient. 

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