Israël a besoin de garanties quant à sa sécurité. Le peuple palestinien a besoin d'un État digne de ce nom. L'équation ne se résoudra ni dans un embrasement du conflit, ni dans un enlisement.

Ira, ou n'ira pas? Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a fait planer le doute, ce mercredi, sur ses plans d'annexion d'une partie de la Cisjordanie et de la Vallée du Jourdain. Confronté à des tensions dans son gouvernement et au sein de l'administration Trump, en pleine pandémie de coronavirus, le dirigeant du Likoud a choisi d'attendre.

Benyamin Netanyahou n'est pas Donald Trump, en dépit de leurs liens. Prudent, il sait contourner l'obstacle quand le vent tourne. Trump fonce sur l'obstacle. Cela fait 50 ans qu'Israël évite de parler d'annexion, parce que le geste pourrait entraîner la région dans un gouffre. Lors des élections en 2019, Netanyahou a brisé le tabou, faisant de l'annexion son cheval de bataille pour siphonner les voix de l'extrême droite. Il a trouvé en Trump, et ses électeurs évangélistes, un puissant allié.

L'accord de gouvernement conclu en avril avec Benny Gantz fixe le 1er juillet comme point de départ pour l'annexion. Ce fut un faux départ. La crise du coronavirus a mis en sourdine les enjeux géopolitiques au Proche-Orient. Le Président Trump est en difficulté, son pays devenant l'épicentre de la pandémie. Cela ne veut pas dire que le Premier ministre israélien renonce. La question est en suspens, et pourrait trouver une réponse dans les semaines à venir, avant la présidentielle américaine de novembre.

L'enjeu, c'est de déterminer par quel chemin ces populations trouveront enfin la paix.

Annexion ou pas, cela ne changera rien à un état de fait. La partie concernée du territoire cisjordanien est habitée par 450.000 colons juifs et 300.000 Palestiniens. L'enjeu, c'est de déterminer par quel chemin ces populations trouveront enfin la paix. Israël a besoin de garanties quant à sa sécurité. Le peuple palestinien a besoin d'un État digne de ce nom. L'équation ne se résoudra ni dans un embrasement du conflit ni dans un enlisement. Elle se résoudra entre Israéliens et Palestiniens, loin des grandes mobilisations, pour ou contre, soufflant sur les braises de la division au lieu de rapprocher les deux parties. Le plan Trump n'est pas un plan de paix négocié, tout comme une manifestation où l'on crie des slogans antisémites n'est pas un acte de paix.

La proposition palestinienne de retourner à la table de négociations, à condition que le plan Trump ne soit pas appliqué, a, au moins, le mérite d'exister. C'est une main tendue vers la paix.

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