Les négociations pour lever le blocus contre le Qatar sont dans l'impasse

Les tensions entre les États-Unis et l'Iran ont mis fin au processus de rapprochement entre l'Arabie saoudite et le Qatar. Doha regrette cet état de fait et souhaite un redémarrage des négociations pour mettre fin à l'embargo imposé depuis trois ans par ses voisins.

Les négociations entre l'Arabie saoudite et le Qatar pour mettre fin à la crise entre les pays du Golfe sont au point mort, affirment les autorités qataries. L'escalade de violences entre les États-Unis et l'Iran, après l'assassinat du général iranien Qassem Soleimani, a ruiné le processus en cours depuis quelques mois.

En juin 2017, l'Arabie saoudite et plusieurs pays du Golfe ont décrété un blocus aérien, maritime et terrestre contre le Qatar, l'accusant de financer le terrorisme islamiste. Depuis lors, la petite monarchie, isolée par ses voisins, n'est reliée au monde que par son port et sa compagnie aérienne.

"Quelques heures après la mort de Qassem Soleimani, les négociations étaient suspendues."
Un haut responsable du Qatar

Des pourparlers avaient démarré en novembre dernier, laissant entrevoir la fin de cette crise fratricide.

Quelques heures après la mort de Qassem Soleimani, les négociations étaient stoppées net. Cette suspension est le fait de l'Arabie saoudite, alliée des États-Unis, alors que le Qatar est proche de l'Iran.

Depuis lors, la communication entre Riyad et Doha est réduite au strict minimum.

L'économie du Qatar ne souffre pas de l'embargo, le pays ayant réussi à le contourner. Ses exportations massives de gaz (LNG) vers l'Asie et l'Europe continuent, malgré le blocage des routes terrestres. Mais cette crise pénalise les populations des monarchies du Golfe, empêchées d'entretenir des relations normales.

Le Qatar prêt à reprendre les discussions

Le rapprochement entre l'Arabie saoudite et le Qatar s'était accéléré en décembre, lors de la visite en Arabie saoudite du Premier ministre qatari, Abdallah ben Khalifa Al Thani, à l’occasion du sommet du Conseil de coopération du Golfe. Certains observateurs entrevoyaient la levée imminente de l'embargo.

Le Qatar se dit prêt à retourner à la table de négociations. "Nous sommes prêts à reprendre les discussions, nous voulons un accord qui sorte le Qatar de cette situation", dit un haut responsable qatari.

13
demandes
Les Etats ayant décrété un embargo contre Qatar exigent qu'il exécute treize mesures, dont la fermeture d'Al Jazeera.

Les pays ayant décrété l'embargo exigent le respect de treize demandes, les plus importantes étant la fermeture de la télévision Al Jazeera, la fermeture d'une base militaire turque, la fin des relations de proximité avec l'Iran et du soutien aux Frères musulmans.

"Nous ne ferons pas de concessions sur les demandes à l'origine du blocus", précise le haut responsable. Pas question, entre autres, de fermer Al Jazeera, la chaîne la plus regardée au Moyen-Orient.

Lors des négociations, un compromis était en vue assouplissant ces exigences et satisfaisant les différentes parties.

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