Les USA ne jugent plus les colonies israéliennes "non conformes" au droit

Les Etats-Unis ne considèrent plus les colonies israéliennes en Cisjordanie comme étant contraires au droit international, alors que ces occupations de territoires palestiniens sont jugées illégales par l'ONU et une grande partie de la communauté internationale. ©EPA

Les États-Unis ne considèrent plus que les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée sont "non conformes" au droit international. L'Autorité palestinienne dénonce la position de Washington. L'Union européenne s'en démarque...

L'administration de Donald Trump a donné un nouveau coup de canif au consensus international sur le conflit israélo-palestinien, en annonçant que les États-Unis ne considéraient plus comme illégales les colonies de l'État hébreu en Cisjordanie occupée.

"Après avoir examiné soigneusement tous les arguments de ce débat juridique", l'administration Trump conclut que "l'établissement de colonies de civils israéliens en Cisjordanie n'est pas en soi contraire au droit international", a déclaré le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo.

"Jamais de solution judiciaire" 

"La vérité, c'est qu'il n'y aura jamais de solution judiciaire au conflit, et que les débats sur qui a raison et qui a tort au regard du droit international n'apporteront pas la paix", estime Mike Pompeo. ©EPA

Après la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d'Israël et celle de la souveraineté de l'État hébreu sur le Golan syrien, il s'agit d'une nouvelle décision spectaculaire en rupture avec la tradition diplomatique américaine"La vérité, c'est qu'il n'y aura jamais de solution judiciaire au conflit, et que les débats sur qui a raison et qui a tort au regard du droit international n'apporteront pas la paix", a expliqué Mike Pompeo. Celui-ci a tenu à présenter cette annonce comme un retour à l'interprétation du président Ronald Reagan au début des années 80, se démarquant surtout de la précédente administration démocrate de Barack Obama qui avait vivement condamné la colonisation.

Les débats sur qui a raison et qui a tort au regard du droit international n'apporteront pas la paix.
Mike Pompeo
Chef de la diplomatie américaine

La sénatrice démocrate Elizabeth Warren, candidate à la Maison-Blanche, a dénoncé ce revirement américain, affirmant qu'elle l'annulerait si elle était élue.

Les réactions

Toute activité de colonisation est illégale au regard du droit international et compromet la viabilité de la solution à deux Etats et les perspectives d'une paix durable.
Union européenne

L'Autorité palestinienne a dénoncé la position américaine: Washington n'est "pas qualifié ou autorisé à annuler des dispositions de droit international et n'a pas le droit de légaliser des colonies israéliennes", a déclaré dans un communiqué le porte-parole de la présidence palestinienne, Nabil Abou Roudeina. 

L'Union européenne s'est aussi rapidement démarquée, en rappelant sa position "claire" et "inchangée": "toute activité de colonisation est illégale au regard du droit international et compromet la viabilité de la solution à deux États et les perspectives d'une paix durable".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a, lui, salué la position des États-Unis. Cette décision "est le reflet d'une vérité historique - que les Juifs ne sont pas des colonisateurs étrangers en Judée-Samarie (NDLR: nom biblique utilisé en Israël pour désigner la Cisjordanie occupée). En fait, nous sommes appelés juifs car nous sommes le peuple de Judée", a-t-il dit dans un communiqué.

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