Mahmoud Abbas appelle l'Europe à reconnaître la Palestine

Mahmoud Abbas a rencontré Federica Mogherini et a appelé les Etats membres de l'UE à reconnaître "rapidement" la Palestine comme un Etat indépendant, jugeant qu'il n'y avait pas de "contradiction" avec "une reprise des négociations" de paix avec Israël. ©REUTERS

Alors que le vice-président américain Mike Pence effectue une tournée sous haute tension au Proche-Orient, Mahmoud Abbas est à Bruxelles ce lundi. Il a appelé les 28 de l'UE à reconnaître "rapidement" la Palestine comme Etat indépendant.

"Nous considérons vraiment l'Union européenne comme une véritable partenaire et amie et pour cette raison, nous appelons ses Etats membres à reconnaître rapidement l'Etat de Palestine", a déclaré le président palestinien Mahmoud Abbas. Celui-ci est venu à Bruxelles chercher le soutien des Européens après la reconnaissance par Donald Trump de Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Mahmoud Abbas ©EPA

En froid avec Washington, le président palestinien Mahmoud Abbas "attend des ministres européens des Affaires étrangères qu'ils reconnaissent collectivement l'Etat de Palestine", "comme la façon de répondre" à la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël, indique le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Malki. "C'est vraiment important", a-t-il insisté.

Le chef de l'Autorité palestinienne est reçu ce lundi, lors d'un déjeuner de travail, par la cheffe de la diplomatie de l'UE Federica Mogherini et les 28 ministres des Affaires étrangères. Comme l'avait été le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu le 11 décembre.

"Si les Européens veulent jouer un rôle, alors ils doivent être équitables dans leur traitement des deux parties et cela devrait commencer avec la reconnaissance de l'Etat de Palestine", a plaidé le chef de la diplomatie palestinienne.

Si l'UE veut contribuer à relancer le processus de paix, au point mort depuis 2014, pour sauvegarder la "solution à deux Etats", il est clair que la reconnaissance d'un Etat palestinien, qui dépend d'abord de chaque capitale, n'est pas aujourd'hui sur l'agenda de Bruxelles. Malgré le rappel constant des "positions inchangées" de l'UE - sur la solution à deux Etats dans les frontières de 1967, la colonisation israélienne ou le statut de Jérusalem -, les 28 ne peuvent masquer des "divergences de vue et des différences d'approche", reconnaît-on à Bruxelles.

Selon des sources diplomatiques, les Européens pourraient tout au plus proposer la perspective d'un "accord d'association" entre l'UE et l'AP, comme il en existe un avec Israël ou le Kosovo. Même si un tel accord doit être signé avec un Etat souverain.

Fin du "monopole" américain

Riyad al-Malki estime, lui, que, même si l'Autorité palestinienne est "très sérieuse" à propos d'un accord d'association, il ne saurait se substituer à une reconnaissance en bonne et due forme. Il assure par ailleurs que Mahmoud Abbas "reste engagé" dans le processus de paix au Proche-Orient, face aux craintes de certains Etats membres après le récent discours courroucé du président palestinien déclarant "la fin" des accords de paix d'Oslo (1993), censés conduire au règlement négocié du conflit israélo-palestinien.

La direction palestinienne considère en effet que "puisque la décision de Trump (sur Jérusalem) a changé les règles du jeu", les Etats-Unis se sont eux-même exclus du rôle de médiateur.

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