Netanyahu défie Obama devant le Congrès américain

©REUTERS

Le Premier ministre israélien a dénoncé ce mardi l’accord sur le nucléaire iranien devant le Congrès américain. Il a insisté sur la menace que l'Iran représente. Ce discours a été vu comme une façon de défier l'administration Obama et a été boycotté par une partie des démocrates.

Dès son entrée au Capitole, le Benjamin Netanyahu a été accueilli sous un tonnerre d’applaudissements, et même un standing ovation de la part des élus américains. Il faut dire que ses détracteurs étaient peu nombreux. Invité par les républicains dans le dos de l’administration Obama, une cinquantaine de démocrates ont boycotté le discours du chef de gouvernement israélien.  

Benjamin Netanyahu est en effet venu pour démonter l’accord que le président des Etats-Unis veut conclure avec Téhéran d’ici fin mars au sujet de son programme nucléaire. Un geste perçu comme un acte de défiance par l’administration Obama, qui compte justement arriver à un accord d'ici la fin du mois.

Devant le Congrès, le Premier ministre a dressé la liste de toutes les raisons pour lesquelles il faudrait se méfier de l’Iran, et ainsi, refuser cet accord qu'il juge "très mauvais". La crainte est bien sûr que le pays parvienne à se doter de l’arme nucléaire. Il a martelé que l’intention de l’Iran était de "détruire le peuple juif" et Israël. En ajoutant que l’Iran est non seulement une menace "pour Israël, mais aussi pour le monde entier." 

Le président Obama, qui a des relations exécrables avec M. Netanyahu et avait exclu de le rencontrer, a jugé que son discours n'apportait "rien de nouveau" et n'offrait aucune "alternative viable". 
"Nous n'avons pas encore d'accord", a affirmé M. Obama depuis le Bureau ovale. "Mais si nous réussissons, ce sera le meilleur accord possible avec l'Iran pour empêcher l'Iran de se doter d'une arme nucléaire".

Lundi, le président Obama, qui n'a pas regardé le discours de M. Netanyahu, avait accusé le dirigeant israélien d'avoir eu tort par le passé sur le bien-fondé d'un règlement entre les grandes puissances et l'Iran.

u fil de son discours solennel de 40 minutes, le troisième après ceux de 1996 et 2011, M. Netanyahu a été ovationné par des élus républicains et démocrates du Congrès.

Mais une cinquantaine de démocrates l'ont boycotté. Leur chef de file à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, s'est dite "attristée par l'insulte faite à l'intelligence des Etats-Unis".
Le Premier ministre espère que le Congrès, contrôlé par les républicains, votera de nouvelles sanctions à l'encontre de Téhéran. Ce à quoi la Maison Blanche est farouchement opposée, de peur que les négociations internationales qui se déroulent depuis un an et demi ne volent en éclats.

Le voyage de M. Netanyahu aux Etats-Unis a jeté un très sérieux coup de froid entre les alliés américain et israélien, aux relations déjà tendues depuis des mois.
Il s'est fait à l'invitation du président républicain de la Chambre des représentants John Boehner, dans le dos de l'administration démocrate et a provoqué la colère de la Maison Blanche.
En signe d'apaisement devant le Congrès, M. Netanyahu a toutefois remercié le président Obama pour son soutien à Israël et a une nouvelle fois vanté l'alliance indéfectible entre les deux pays.

Toujours un ennemi, Etat Islamique ou non

"Vaincre l’Etat Islamique et laisser l’Iran avoir l’arme nucléaire c’est gagner la bataille mais pas la guerre. On ne peut pas laisser ça arriver."
Benjamin Netanyahu
Premier ministre israélien

Pour le Premier ministre israélien, pas question de se tourner vers l’Iran à cause de l’Etat Islamique (EI). Même si les Etats-Unis et l’Iran partagent désormais un ennemi commun, il déclare "ça ne fait pas de l’Iran un allié. L’ennemi de ton ennemi est ton ennemi".

Sans le nommer, la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini a réagi aux propos du Premier ministre israélien.Elle a mis en garde ceux qui répandent "l'inquiétude" sur l'accord en préparation, estimant que l'on "approchait" d'un résultat. Les négociations entre le 5+1 et l'Iran se font en effet sous l'égide de l'UE. Elles doivent déboucher sur un règlement politique d'ici au 31 mars. Afin de garantir la nature pacifique du programme nucléaire iranien en échange d'une levée des sanctions internationales.

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