Passagers en provenance du Yemen, non grata en Allemagne

L'Allemagne a interdit les vols passagers en provenance du Yémen, malgré l'annonce par Sanaa de mesures de sécurité draconiennes dans les aéroports, dont la fouille de toutes les cargaisons.

Berlin a décidé d'étendre au vols passagers l'interdiction des vols de fret en provenance du Yémen, proclamée samedi, à l'instar de la France et de la Grande-Bretagne. Pour leur part, les autorités de Sanaa ont décidé de fouiller toutes les cargaisons quittant le pays, et arrêté de nouveaux suspects après la découverte de colis piégés qui seraient selon les Etats-Unis l'oeuvre d'Al-Qaïda.

La Commission nationale de la sécurité de l'aviation civile au Yémen a décidé "d'appliquer des mesures de fouille exceptionnelles de toutes les cargaisons quittant les aéroports yéménites", selon un communiqué officiel. Les autorités ont également décidé la création d'une unité spéciale chargée de la protection des aéroports.

Les deux colis piégés, adressés à des lieux de culte juifs à Chicago, avaient été interceptés vendredi dans les aéroports de Dubaï et d'East Midlands, dans le centre de l'Angleterre.

Les autorités yéménites ont libéré dimanche soir une étudiante arrêtée la veille, dont le numéro de téléphone figurait sur le bordereau des colis.

Mais un responsable des services de sécurité a précisé à l'AFP qu'un des deux colis avait été envoyé par une femme qui a "usurpé l'identité" d'Hanane al-Samaoui, et mis le numéro de téléphone de l'étudiante sur le bordereau. Le deuxième colis a été envoyé par un homme, a-t-il précisé.

Les autorités yéménites ont arrêté "de nouveaux suspects", a indiqué lundi à l'AFP une source au sein des services de sécurité.

Elles ont dans le même temps relâché une partie des employés des compagnies de transport aérien FedEx et UPS, arrêtés samedi, mais certains demeurent en détention et sont soumis à des interrogatoires, selon cette source.

Les forces de sécurité yéménites avaient fermé samedi les bureaux de FedEx et UPS à Sanaa. La première acheminait le colis découvert à Dubaï, la seconde celui trouvé en Grande-Bretagne dans un avion cargo de sa compagnie.

Selon Washington, les colis piégés ont été conçus par l'artificier d'Al-Qaïda qui avait fabriqué une bombe pour l'attentat raté de Noël 2009 sur un vol Amsterdam-Detroit, Ibrahim Hassan Al-Asiri.

"Les activités passées de Al-Asiri font de lui un suspect clé", a dit à l'AFP un responsable antiterroriste américain sous couvert d'anonymat. "Nous disposons d'éléments suggérant qu'il a joué un rôle dans plusieurs complots d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique, dont la tentative d'assassinat d'un responsable saoudien et la tentative d'attentat à Noël l'an dernier".

Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) a revendiqué ces deux attentats.

La découverte des colis piégés intervient alors qu'Aqpa a intensifié ses menaces contre l'Occident.

Le 11 octobre, son chef militaire, Qassem al-Rimi, avait annoncé que les hommes du réseau agissaient "sur le plan international" et que les musulmans allaient "bientôt entendre des nouvelles qui allaient soulager leurs coeurs", promettant que "les ennemis ne demeureront pas en sécurité dans leurs pays". Dans la deuxième édition de son magazine en anglais, "Inspire", mis en ligne en octobre, Aqpa écrivait que "la CIA affirme qu'Aqpa est la plus dangereuse des branches d'Al-Qaïda, et nous leur disons: ce n'est que le début. Vous n'avez encore rien vu".

A Londres, le nouveau chef d'état-major britannique, le général David Richards, a cependant estimé que le Yémen "ne doit" pas devenir un nouvel Afghanistan, où sont actuellement déployés plus de 150.000 soldats étrangers, écartant l'hypothèse d'une intervention militaire dans ce pays.

 

 

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