Pour mieux comprendre "Bordure protectrice"

©EPA

Deux ONG dressent la carte des attaques israéliennes durant l'opération "Bordure protectrice" menée il y a un an par l'État hébreu.

Amnesty International (AI) et Forensic Architecture ont dévoilé un "outil d'investigation" en ligne dressant la carte des attaques israéliennes contre la bande de Gaza durant le conflit de juillet-août 2014, l'opération "Bordure protectrice". Cette intervention militaire visait à mettre fin aux tirs de roquettes vers Israël et à détruire les tunnels des groupes armés palestiniens.

Cette "Plateforme Gaza" a pour but de contribuer à faire pression afin que les responsables (israéliens) présumés de crimes de guerre et d'autres violations du droit international humanitaire rendent compte de leurs actes. Cette carte interactive permet à l'utilisateur de visualiser les différents raids de l'armée israélienne.

Pour chaque point d'impact, plusieurs données sont disponibles: date et heure de l'attaque, cible militaire ou civile, nombre de morts et de blessés, dégâts, etc. Des photos, des vidéos, des témoignages et des images satellites sont également disponibles suivant les points sélectionnés. Selon Amnesty International (AI) et Forensic Architecture, ces données indiquent que des "des violations graves ont été commises" par l'armée israélienne.

L'opération "Bordure protectrice", lancée le 7 juillet 2014 était la troisième intervention israélienne du genre dans la bande de Gaza. Durant ce conflit, le plus long, le plus meurtrier et le plus destructeur, 2.251 Palestiniens ont été tués, dont 551 enfants, et plus de 10.000 blessés. Côté israélien, 73 personnes ont été tuées, dont 67 soldats. Retracez le fil de la guerre via ce diapo.

En juin, trois Israéliens sont enlevés près d'une colonie de Cisjordanie puis assassinés. Le 2 juillet, trois extrémistes israéliens brûlent vif un adolescent palestinien de Jérusalem-Est. Des raids aériens répondent aux tirs de roquettes. ©REUTERS
Le cessez-le-feu est conclu au Caire le 26 août. Les raids aériens cessent, laissant Gaza en ruines. ©AFP
Le 22 juin dernier, la commission d'enquête de l'ONU sur le conflit à Gaza concluait à de "possibles crimes de guerre" de la part d'Israël et des groupes armés palestiniens. ©AFP
L'escalade atteint son paroxysme dans la soirée du 7 juillet. Israël lance officiellement son opération "Bordure protectrice" avec l'objectif de faire cesser ces tirs et de détruire les tunnels des groupes armés. ©EPA
Le 17 juillet, l'État hébreu fait entrer ses troupes dans la bande de Gaza. ©AFP
Un soldat israélien montre un des tunnels utilisés par les palestiniens. Israël a lancé cette offensive pour détruire ces tunnels et faire cesser les tirs de roquettes vers son territoire. ©Photo News
Le 5 août, l'État hébreu retire ses troupes et assure que tous les tunnels repérés ont été détruits. Le pilonnage aérien et depuis la mer se poursuivra jusqu'au cessez-le-feu. ©AFP
À Gaza, les civils sont toujours sous la menace des restes d'explosifs de cette guerre. Au moins 4.500 engins se trouvent encore sous les décombres selon Handicap International. ©Photo News

Cette carte montre plus de 2.500 attaques et sera mise à jour au cours des prochains mois. Une équipe de chercheurs à Londres et à Gaza a travaillé plusieurs mois afin de collecter et d'entrer ces cibles dans la plateforme. Ces données ont été recueillies sur le terrain par Al Mezan et le Centre palestinien pour les droits humains, des organisations basées à Gaza, ainsi que les informations recueillies par Amnesty. Ces organisations veulent prouver qu'il s'agit de pratiques établies, et pas d'une série d'attaques isolées.

©AFP

Les tirs d'artillerie sont particulièrement visé par cette plateforme. Israël a mené plus de 270 attaques à l'artillerie durant le conflit, tuant plus de 320 civils. Ces tirs nourris, imprécis par nature, contre des quartiers civils densément peuplés, "constituent des attaques aveugles qui doivent faire l'objet d'enquêtes en tant que crimes de guerre", soulignent les deux ONG. Ces données montrent aussi la pratique consistant à prendre pour cible des logements: plus de 1.200 attaques israéliennes ont ciblé des habitations, causant plus de 1.100 morts civils.

Les attaques directes contre des civils qui ne prennent pas directement part aux hostilités et contre des biens à caractère civil sont prohibées par le droit international humanitaire, ou "lois de la guerre".

"Notre objectif est que cette plateforme devienne une ressource précieuse pour les enquêteurs spécialisés dans les droits humains qui souhaitent faire avancer l'obligation de rendre des comptes pour les violations commises", expriment Amnesty International (AI) et Forensic Architecture dans un communiqué.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés