Retrait partiel et redéploiement israélien à Gaza

Le Iron Dome israélien a pour but d'intercepter les roquets envoyés depuis la bande de Gaza. ©AFP

Dimanche matin, Israël annonçait un retrait partiel de la Bande de Gaza et un redéploiement. Mais le Hamas et Israël devraient continuer à en découdre. Samedi soir, Benjamin Netanyahu a déclaré que l'armée poursuivrait ses opérations "aussi longtemps que nécessaire". "Nous poursuivrons notre résistance jusqu'à ce que nous ayons atteint notre objectif" a rétorqué Le Hamas. Les tentatives de médiation menées par l'Egypte ne semblent rien donner.

Israël a commencé à retirer certaines troupes de la bande de Gaza et à en redéployer d'autres à l'intérieur du territoire palestinien, a annoncé dimanche le porte-parole de l'armée à l'AFP.

"Nous en retirons certaines, nous en changeons certaines (de position) à l'intérieur (du territoire), cette mission est en cours", a déclaré Peter Lerner, confirmant pour la première fois officiellement un début de retrait partiel.

"On change de braquet mais on continue", a-t-il insisté.  "Nous sommes tout près d'avoir achevé notre mission en ce qui concerne les tunnels dont nous connaissons l'existence", a ajouté le militaire. "Quand ce sera fait, nous ferons une annonce".

Mais "la mission se poursuit, elle n'est pas terminée", a-t-il dit.

"Ce ne sera pas le même type d'opération, mais nous poursuivrons nos opérations" pour permettre "une rapide réaction au sol et frapper le Hamas en cas de besoin", a-t-il dit.

"La réalité, c'est que le Hamas essaie de poursuivre ses attaques, il nous faut donc rester présents dans une certaine mesure pour répondre", a ajouté M. Lerner.

Le porte-parole a précisé que l'armée poursuivait en particulier ses opérations près de Rafah (sud).

Le nombre de soldats israéliens effectivement engagés dans les combats à l'intérieur de la bande de Gaza n'est pas connu, cette information étant soumise à la censure militaire.

 

L'armée israélienne a aussi annoncé dimanche matin la mort du soldat porté disparu depuis vendredi, peu après qu'Israël et le Hamas ont affirmé leur détermination à poursuivre les hostilités dans la bande de Gaza qui continuent à faire des dizaines de morts chaque jour.

"Une commission spéciale menée par le rabbin en chef de l'armée a annoncé la mort de l'officier d'infanterie Hadar Goldin, tué au combat vendredi dans la bande de Gaza", a indiqué un communiqué militaire sans confirmer ou infirmer si le corps ou une partie du corps du militaire avait été retrouvé.

L'armée israélienne avait déclaré vendredi que le soldat avait probablement été enlevé. Mais la branche armée du Hamas, tout en endossant la responsabilité de l'attaque, avait indiqué ne rien savoir du sous-lieutenant Goldin, et estimé qu'il avait été tué avec le commando palestinien dans un bombardement israélien.

Peu avant cette annonce, le chef du gouvernement israélien Benjamin Netanyahu a déclaré que l'armée poursuivrait ses opérations "aussi longtemps que nécessaire" et emploierait "toute la force requise".

"Nous poursuivrons notre résistance jusqu'à ce que nous ayons atteint notre objectif", lui a répondu un porte-parole de l'organisation islamiste au terme de la 26e journée d'une guerre qui a fait près de 1.800 morts.

Une délégation palestinienne composée de représentants du Hamas, de son allié le Jihad islamique et du Fatah est arrivée samedi soir au Caire pour tenter de relancer l'effort de pause dans les combats.

Ces discussions prévues avec des médiateurs égyptiens et associant les Américains étaient programmées vendredi à la faveur de la trêve annoncée. Elles avaient été différées avec l'attaque sur Rafah, où l'armée avait lancé des recherches pour retrouver le soldat porté disparu et désormais déclaré "mort au combat".

Mais Israël a décidé de ne pas envoyer de délégation au Caire, selon un responsable.

Le chef en exil du Hamas Khaled Mechaal a pour sa part assuré samedi soir que son mouvement n'accepterait pas de cessez-le-feu sans un départ des troupes israéliennes engagées dans Gaza.

"Une trêve est une trêve. Mais la présence des forces israéliennes dans Gaza, qui détruisent les tunnels, c'est une agression", a déclaré Khaled Mechaal, ajoutant que, dans ces conditions, le Hamas se laissait le droit à "l'auto-défense" et qu'il l'avait déjà fait savoir au secrétaire d'Etat américain John Kerry.


Spéculations sur un retrait


La bande de Gaza est restée soumise dimanche matin au feu israélien, 8 Palestiniens ayant été tués aux premières heures à Jabalyia (nord) et à Rafah au sud de la bande de Gaza, un secteur déjà soumis à un déluge de feu samedi.

Pourtant, pour la première fois depuis l'incursion terrestre israélienne dans Gaza le 17 juillet, des témoins avaient rapporté samedi à l'AFP avoir vu les soldats israéliens se retirer de villages proches de Beit Lahiya (nord) et de Khan Younès (sud).

L'armée israélienne avait ainsi donné dans l'après-midi de premiers signes d'une fin de ses opérations dans des secteurs limités de la bande de Gaza, tout en poursuivant ailleurs un pilonnage qui a encore fait des dizaines de morts.

Dans le même temps, l'armée israélienne a annoncé que les civils pouvaient "rentrer en toute sécurité à Beit Lahiya et Al-Atatra", dans l'étroite bande le long de la frontière dans laquelle étaient entrés ses soldats.

Les habitants avaient été sommés d'évacuer le temps que l'armée mène ses opérations destinées à réduire le danger représenté pour Israël par le Hamas, qui contrôle de facto le territoire d'une dizaine de kilomètres de large au maximum.

Les médias israéliens ont alors bruissé de spéculations sur la possibilité que M. Netanyahu annonce dans la soirée un début de retrait.

Il n'en a rien fait. "L'opération continue, l'armée continue d'agir de toutes ses forces pour mener à bien ses missions, le retour au calme, la sécurité pour les citoyens d'Israël, tout en faisant très mal à l'infrastructure terroriste", a-t-il martelé.

L'armée israélienne est "en train d'achever" la destruction du réseau de tunnels passant sous la frontière et permettant d'aller porter le danger en Israël, a-t-il dit.

C'est pour neutraliser cette menace et pour faire cesser des tirs de plus en plus nombreux de roquettes depuis Gaza qu'Israël a déclenché son opération "Bordure protectrice".

Quand elle en aura fini avec le danger des tunnels, l'armée se préparera à d'autres opérations, a dit M. Netanyahu, sans préciser en quoi consisterait cette phase.

La guerre en cours dans le territoire densément peuplé, ravagé et asphyxié de Gaza, a coûté la vie à plus de 1.720 Palestiniens. Côté israélien, 64 soldats et 3 civils ont été tués.

Quant aux roquettes, 84 ont encore été tirées contre Israël samedi, dont 56 ont atteint le territoire israélien tandis que six ont été abattues par le système antimissiles Iron Dome, selon l'armée israélienne. Au total, 3.112 roquettes ont été tirées depuis le 8 juillet, dont 2.445 ont atteint Israël.

Soutien américain au Dôme de fer

De son côté, le Congrès américain a adopté tard vendredi soir le principe d'une aide de 225 millions de dollars pour le système de défense antimissile Iron Dome, utilisé actuellement par Israël pour intercepter les roquettes tirées à partir de la bande de Gaza.

La Chambre des représentants a adopté la mesure à une écrasante majorité, 395 votes pour et 8 contre, alors que le Sénat avait auparavant voté le texte à l'unanimité, juste avant de partir en vacances.

Il ne manque plus à présent que la signature de Barack Obama pour valider cette aide.

Les Etats-Unis ont dépensé au total depuis 2011, date de sa mise en service, 700 millions de dollars pour soutenir le développement du "Dôme de fer", destiné à contrer les projectiles de courte et moyenne portée (roquettes, obus d'artillerie) visant des zones habitées.

Au total, les Etats-Unis ont prévu de consacrer 30 milliards de dollars à l'aide militaire à Israël entre 2009 et 2018. En 2014, Israël a reçu 3,1 milliards de dollars d'aide militaire.

 

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés