Roquettes et émeutes: Israël plongé dans un double conflit

Le bouclier antimissile israélien "Dôme de fer" interceptant des roquettes tirées depuis la bande Gaza sur la ville balnéaire d'Ashkelon dans la nuit de mercredi à jeudi. ©REUTERS

Les violences se poursuivent entre Israël et le Hamas. Celui-ci envoie des centaines de roquettes tandis que l'État hébreu frappe à Gaza. La colère se répand en rue. La communauté internationale semble bien impuissante.

L'affrontement entre le Hamas et l'État hébreu ne se calme pas, que du contraire. L'aviation israélienne frappe toujours des positions de l'organisation islamiste dans la bande de Gaza, ciblant, entre autres, des locaux liés aux opérations de "contre-renseignement". Elle a notamment pulvérisé une tour de plus de dix étages abritant des bureaux de la chaîne palestinienne Al-Aqsa. Israël a annoncé la mort de 16 membres des brigades Ezzedine al Kassam, l'aile militaire du Hamas.

Le dernier bilan fait état de 67 morts à Gaza, dont 17 enfants, et près de 400 blessés.

La riposte du Hamas

Le Hamas riposte avec autant de volonté. "En représailles au raid sur la tour Al-Shorouk et à la mort d'un groupe de dirigeants", l'organisation a lancé mercredi soir plus d'une centaine de roquettes vers Israël, dont la plupart ont été interceptées par le bouclier antimissile "Dôme de Fer".

Ces nouvelles frappes ont fait passer à environ 1.500 le nombre de roquettes tirées vers l'État hébreu depuis le début de la semaine par différents groupes armés.

Côté israélien, le bilan se monte à sept morts, dont un enfant de six ans, et des centaines de blessés en un peu plus de deux jours.

"Rien ne justifie le lynchage d'Arabes par des juifs et rien ne justifie le lynchage de juifs par des Arabes."
Benjamin Netanyahu
Premier ministre d'Israël

Émeutes en rue

Face à une telle violence, la population a les nerfs à vif. De nombreuses villes judéo-arabes ont connu des émeutes durant la nuit de mercredi à jeudi. Des militants israéliens d'extrême droite ont manifesté à travers le pays, provoquant des affrontements avec les forces de l'ordre. Près de Tel-Aviv, un homme, considéré comme arabe par ses agresseurs, a été lynché en direct à la télévision.

Le ministre israélien de la Défense Benny Gantz a ordonné ce jeudi des renforts "massifs" pour les forces de sécurité dans les villes mixtes israéliennes, où vivent juifs et arabes.

"Ce qu'il se passe depuis ces derniers jours dans les villes d'Israël est insupportable… Rien ne justifie le lynchage d'Arabes par des juifs et rien ne justifie le lynchage de juifs par des Arabes", a déclaré, dans la nuit, Benjamin Netanyahou. Et le Premier ministre israélien d'ajouter qu'Israël était confronté à un "combat sur deux fronts".

Tous les vols en direction de l'aéroport international Ben Gourion de Tel-Aviv ont été déroutés jusqu'à nouvel ordre, à cause des multiples roquettes lancées depuis la bande de Gaza vers la métropole israélienne. Mais le Hamas a affirmé ce jeudi avoir lancé une énorme roquette de 250 kg en direction du second aéroport d'Israël, Ramon, et appelé les transporteurs aériens à "suspendre" tous leurs vols vers l'Etat hébreu.

Nouvelle réunion à l'ONU

Pour tenter de calmer le jeu et éviter une guerre de grande ampleur, les efforts diplomatiques se multiplient du côté de la communauté internationale.

Une troisième réunion en urgence du Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies (ONU) est attendue vendredi, alors que les deux premières visioconférences, à huis clos, ont vu les États-Unis s'opposer à l'adoption d'une déclaration commune pour faire arrêter les affrontements, la jugeant "contre-productive" à ce stade, selon des diplomates.

Washington a toutefois annoncé l'envoi d'un émissaire en Israël et dans les Territoires palestiniens. La Russie a appelé, elle, à une réunion d'urgence du Quartet sur le Proche-Orient (Union européenne, Russie, États-Unis, ONU).

"Mon attente et mon espoir, c'est que cela se terminera assez rapidement, mais Israël a le droit de se défendre."
Joe Biden
Président américain

Biden parle avec Netanyahou, Blinken avec Abbas

En coulisses, l'ONU, le Qatar et l'Égypte s'activent pour faciliter une médiation. Le chef de la diplomatie égyptienne a contacté son homologue israélien pour tenter de le convaincre de cesser les frappes, en vain.

Benjamin Netanyahou s'est entretenu au téléphone avec le président américain Joe Biden, et lui a dit vouloir "continuer" à frapper et affaiblir les "capacités militaires" du Hamas. "Mon attente et mon espoir, c'est que cela se terminera assez rapidement, mais Israël a le droit de se défendre", a déclaré Joe Biden après l'entretien.

Le président palestinien Mahmoud Abbas s'est entretenu, quant à lui, avec le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken et lui a demandé de faire "cesser les attaques israéliennes".

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