Saad Hariri appelé à rempiler comme Premier ministre du Liban

Saad Hariri avait été contraint de démissionner de son poste de Premier ministre sous la pression de la rue en octobre 2019. ©AFP

Un an après avoir démissionné de son poste de Premier ministre, Saad Hariri a été désigné, ce jeudi, pour former un nouveau gouvernement au Liban.

Saad Hariri a de nouveau été désigné, ce jeudi, Premier ministre du Liban pour former un gouvernement, a rapporté la présidence après les consultations parlementaires contraignantes menées par le chef de l'État Michel Aoun.

M. Hariri a été choisi par une majorité de 65 députés, selon un communiqué lu en conférence de presse par un haut responsable de la présidence. Il avait démissionné de la tête du gouvernement le 29 octobre 2019 sous la pression d'un soulèvement populaire inédit. Mais le voilà à nouveau appelé à former une équipe gouvernementale dans un Liban en plein effondrement économique.

Mercredi, sans le nommer explicitement, le président libanais Michel Aoun avait averti que M. Hariri aurait la lourde responsabilité de lutter contre la corruption et de lancer des réformes.

De nouvelles négociations interminables?

Au Liban, pays multiconfessionnel où les mêmes partis dominent depuis des décennies la scène politique, les dirigeants sont abonnés aux marchandages interminables qui font traîner pendant des mois la formation de tout gouvernement.

"J'ai perdu un an et 14 jours de mon mandat en raison des formations de gouvernement qui étaient dirigées par M. Hariri."
Michel Aoun
Président du Liban.

Le parti du président Aoun, le Courant patriotique libre (CPL), s'oppose à la nomination de M. Hariri. Cependant, l'homme d'affaires quinquagénaire, qui a déjà dirigé trois gouvernements, jouit du soutien de la plupart des députés sunnites et de la formation du chef druze Walid Joumblatt.

Le bloc du Hezbollah chiite, poids lourd de la politique libanaise, n'avait "pas donné de nom", mais son principal allié, le mouvement Amal, appuyait la désignation de M. Hariri.

Le Liban avait connu, en octobre 2019, des manifestations monstres dénonçant la classe politique accusée de corruption et d'incompétence, mais aussi un effondrement économique qui n'a fait qu'empirer depuis.

Le dernier gouvernement en date, celui dirigé par Hassan Diab, avait démissionné dans la foulée de l'explosion dévastatrice qui s'était produite le 4 août dans le port de Beyrouth.

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