Syrie: Di Rupo et Ban Ki-moon se disent inquiets

Elio Di Rupo a reçu ce dimanche le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon.

La trève aura été de courte durée en Syrie. Alors que les observateurs de l'ONU devaient arriver à Damas pour surveiller le cessez-le-feu dans le pays, les bombardements se sont intensifiés dans la ville de Homs. Ce dimanche, le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon s'est entretenu avec le premier ministre Elio Di Rupo de cette situation.

Les forces du régime syrien ont violemment bombardé dimanche le quartier de Khaldiyé à Homs, le jour de l'arrivée des premiers observateurs de l'ONU pour surveiller le cessez-le-feu dans le pays, a rapporté l'Observatoire syrien de droits de l'Homme (OSDH). Depuis son entrée en vigueur le 12 avril, le cessez-le-feu a été fragilisé par la mort d'au moins 32 personnes, en majorité des civils tués par les forces de sécurité.

"Pas de cessez-le-feu, pas même le début d'un processus politique: cette mission sera une des plus difficiles jamais entreprises par l'ONU", estime un diplomate.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a fait part de son inquiétude sur la situation, lors d'un entretien avec le Premier ministre Elio Di Rupo à Bruxelles.

"Les premiers observateurs de l'ONU devraient être maintenant à Damas et devraient pouvoir commencer leur travaux lundi", a dit M. Ban.
La première tâche de la mission préparatoire sera "d'établir un quartier général opérationnel" à Damas, a expliqué Kieran Dwyer, un porte-parole de l'ONU.

Ils prendront ensuite contact avec le gouvernement syrien, les forces gouvernementales et celles de l'opposition "afin que les deux camps comprennent ce que sera leur rôle de surveillance et qu'ils puissent mettre en place un système de contrôle".

La résolution 2042 adoptée samedi par le Conseil de sécurité et qui a autorisé le déploiement dans les prochains jours de 30 observateurs militaires non armés stipule que le gouvernement syrien est responsable en premier lieu de leur sécurité. Mais à la suite des nouvelles attaques constatées samedi, plusieurs ambassadeurs occidentaux ont exprimé des doutes sur la volonté du président Bachar Al-Assad de respecter la cessation des hostilités qui est entrée en vigueur jeudi matin.

250 hommes à terme

Les premiers observateurs, une demi-douzaine, ont pris l'avion pour Damas dès l'adoption de la résolution et devaient arriver dimanche, selon Kieran Dwyer, porte-parole du département des opérations de maintien de la paix de l'ONU. Ils seront suivis de 25 autres "dans les prochains jours". A terme, et à condition que le fragile cessez-le-feu de facto tienne, l'ONU prévoit que la mission compte environ 250 hommes, avec leurs moyens de transport et de communications.

Ces observateurs proviendront notamment des contingents de Casques bleus opérant "dans la région", a précisé M. Dwyer, "afin de les déployer rapidement et d'avoir du personnel expérimenté".

"La présence d'observateurs va réduire les tueries sans aucun doute, mais comment 30 observateurs peuvent-ils travailler sur toute la Syrie?", s'est interrogé Samir Nachar, un responsable du Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition.
M. Ban a indiqué qu'il présenterait jeudi une proposition visant à élargir la mission de surveillance de l'ONU. M. Ban souhaite porter le nombre des observateurs à 250 personnes.

Les observateurs rendront compte au médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan et au siège de l'ONU à New York, de façon à ce que le Conseil de sécurité puisse décider des étapes suivantes de leur mission.

Cette mission de supervision du cessez-le-feu n'est qu'un des aspects du plan de paix en six points de Kofi Annan, que Damas a accepté. Le plan prévoit aussi un dialogue politique entre pouvoir et opposition en vue d'une transition démocratique.

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