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Tirs de roquettes sur Jérusalem, 20 morts à Gaza: escalade entre Israël et Palestine

©REUTERS

Le Hamas a tiré des roquettes en direction de la ville sainte après plusieurs jours de répression israélienne radicale contre des rassemblements palestiniens. Tsahal a riposté par des frappes sur la bande de Gaza, qui ont fait vingt morts.

Jets de pierres contre grenades assourdissantes, l’Esplanade des mosquées, située au cœur de Jérusalem Est, s’est transformée en champ de bataille. Depuis un mois, les tensions montent dans la ville sainte. Mais les derniers jours, tous les ingrédients sont réunis pour transformer Jérusalem en poudrière prête à exploser: libération de la parole de l’extrême droite juive israélienne, fin du Ramadan, possible expulsion de 13 familles palestiniennes dans le quartier jérusalémite de Sheikh Jarrah, et bien sûr, la journée de Jérusalem ce lundi. Rendez-vous annuel, cette marche nationaliste commémore la conquête de Jérusalem-Est par Israël. Un défilé provoquant pour les Palestiniens.

Répression policière

Face à des rassemblements palestiniens pourtant contenus, la répression israélienne est implacable. Les policiers israéliens tirent de manière presque systématique des grenades assourdissantes, de l’eau putride et des gaz lacrymogènes. Vendredi, ils ont visé l’enceinte d’al-Aqsa, où des centaines de fidèles priaient. L’image a créé une vive émotion. Troisième lieu saint en islam, la mosquée est considérée comme le dernier espace de souveraineté palestinienne inviolable.

Les policiers israéliens ont visé l’enceinte d’al-Aqsa, où des centaines de fidèles priaient. L’image a créé une vive émotion.

Côté palestinien, on accuse la police d’être le bras armé de la politique colonialiste de l’État hébreu. Côté israélien, on admet l’incompétence des forces de l’ordre. Pour la chercheuse Frédérique Schillo, la crise politique est aussi en cause: "Privé de gouvernement, Israël n’a pas pu voter de budget pendant un an. Le poste de chef de la police a donc été vacant pendant des mois."

Pour les manifestants palestiniens, l’enjeu central est de préserver le caractère arabe de Jérusalem-Est (sous occupation israélienne selon le droit international), face au grignotage des colons. Aujourd’hui, une victoire se dessine pour eux. Sheikh Jarrah, autrefois considérée comme une affaire locale, est devenue le symbole de la cause palestinienne à l’international.

Le Hamas marque des points

Dans les manifestations palestiniennes, quelques drapeaux du Hamas sont visibles. Le parti islamiste tente de s’imposer comme le seul défenseur de la cause palestinienne face à son frère ennemi, le Fatah. Mais il n’a qu’une influence limitée dans la ville sainte. Son réel pouvoir de pression, les roquettes. Fait rare, ce lundi, le groupe a tiré des missiles en direction de Jérusalem, exigeant des autorités israéliennes qu’elles se retirent de l’Esplanade des mosquées et de Sheikh Jarrah. Tsahal a riposté par des frappes sur la bande de Gaza, qui ont fait au moins vingt morts et 500 blessés.

Vide politique côté israélien

C’est après plusieurs jours de silence, soumis à de fortes pressions internationales, que le gouvernement israélien a finalement pris des mesures pour apaiser les tensions. La Cour suprême a reporté l’annonce du jugement portant sur l’expulsion des familles de Sheikh Jarrah, qui devait avoir lieu ce lundi et les autorités ont interdit l’accès de la marche commémorant la Journée de Jérusalem dans les quartiers arabes de la vieille ville.

Mais ces mesures sont limitées et tardives. Les violences sur l’Esplanade des mosquées font encore craindre le pire, d’autant plus qu’elles rappellent la sanglante deuxième intifada, qui avait débuté avec des heurts sur ce lieu sacré. Seul élément rassurant, personne, côté israélien comme palestinien, ne souhaite une nouvelle intifada. 

Le résumé

  • Des salves de roquettes ont été tirées lundi depuis la bande de Gaza vers Israël.
  • Ces tirs de roquettes interviennent au quatrième jour de violences à Jérusalem-Est.
  • Ces violences ont coïncidé avec "la Journée de Jérusalem", célébrée lundi selon le calendrier hébraïque.
  • Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué la "fermeté" des forces de l'ordre. L'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas a dénoncé une "agression barbare" des forces israéliennes.

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