Trois roquettes se sont abattues sur l'ambassade américaine à Bagdad

De grandes manifestations ont eu lieu à travers l'Irak ce week-end, comme ici, à Bagdad. ©REUTERS

Trois roquettes ont frappé l'ambassade américaine dimanche à Bagdad. Pendant ce temps-là, des milliers d'Irakiens manifestaient à travers le pays, allant jusqu'à défier les forces de sécurité qui ont tiré à balles réelles, faisant deux morts.

Ce dimanche, trois roquettes ont frappé l'ambassade américaine à Bagdad. C'est la première fois que des frappes touchent directement l'installation diplomatique. Une roquette s'est écrasée sur une cafétéria de l'ambassade à l'heure du dîner tandis que deux autres se sont abattues à proximité, a déclaré à l'AFP une source au sein des services de sécurité. 

Un manifestant anti-gouvernemental fait un geste de victoire alors qu'il marche dans la fumée des pneus en feu à un barrage routier. ©AFP

Toujours dimanche, des milliers de manifestants antigouvernementaux défiaient les forces de sécurité à travers l'Irak. Des milliers d'étudiants faisant le V de la victoire et brandissant le drapeau irakien envahissaient dimanche des rues et des places de Bagdad et de plusieurs villes du sud du pays. Les forces de sécurité ont tiré sur la foule à balles réelles, faisant deux morts. 

Quelques heures après les tirs, les États-Unis ont "appelé le gouvernement de l'Irak à remplir ses obligations, afin de protéger (leurs) installations diplomatiques".

Ces tirs de roquettes s'ajoutent à la série d'attaques ayant visé, ces dernières semaines, l'ambassade américaine, située dans la Zone verte ultrasécurisée de Bagdad, et des bases irakiennes abritant des soldats américains. Aucune attaque n'a été revendiquée, mais Washington a plusieurs fois accusé des milices pro-Iran.

C'est une agression qui pourrait transformer l'Irak en zone de guerre
Adel Abdel Mahdi
Premier ministre irakien

Une succession d'attaques et de représailles

Le porte-parole du Département d'État américain a précisé dans un communiqué que, depuis septembre, "il y a eu plus de quatorze attaques menées par l'Iran et les milices soutenues par l'Iran contre du personnel américain en Irak". Le Premier ministre irakien Adel Abdel Mahdi a dénoncé une "agression" qui pourrait "transformer l'Irak en zone de guerre". 

En représailles, Washington a mené, le 29 décembre, des raids aériens contre plusieurs bases des brigades du Hezbollah irakien, un groupe armé chiite membre du Hachd al-Chaabi, coalition de paramilitaires dominée par des factions pro-Iran et intégrée aux forces régulières. Au moins 25 combattants des brigades du Hezbollah irakien ont été tués dans les frappes et, le 31 décembre, des milliers de leurs partisans ont attaqué l'ambassade américaine.

Et le 3 janvier, une frappe de drone américaine tuait le général iranien Qassem Soleimani et son lieutenant irakien Abou Mehdi al-Mouhandis à Bagdad, ce qui n'a fait que raviver le sentiment antiaméricain en Irak.

Environ 5.200 soldats américains sont stationnés en Irak pour mener la coalition antijihadiste. 

 


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