Un camion piégé à l'origine des victimes du 17 mars à Mossoul, dit le Pentagone

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Alors qu'une enquête est en cours pour déterminer ce qui s'est passé le 17 mars à Mossoul, lors d'un raid où des F-16 belges étaient impliqués, le Pentagone, qui relaie ce que dit l'armée irakienne, affirme que c'est un camion piégé de Daech qui a causé les victimes civiles, et non les avions de la coalition.

Les responsables irakiens pensent que l'explosion qui a tué des dizaines de personnes, dont des femmes et des enfants, le 17 mars à Mossoul, la deuxième ville d'Irak, a été causée par la détonation d'un camion chargé d'explosifs aux mains du groupe djihadiste Daech et non par une frappe directe d'avions de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, rapporte le Pentagone sur son son site internet.

La coalition anti-Etat islamique (EI) a ouvert une enquête sur ce drame, qui causé la mort de "plus de 130 civils" dans le quartier d'Al-Jadida de Mossoul, dans le nord de l'Irak, selon le gouverneur de cette région, Nawfal Hammadi, et 61 selon le ministère américain de la Défense, citant un porte-parole militaire irakien, Saeed al-Jayashi.

Le parquet fédéral belge a pour sa part annoncé vendredi dernier avoir ouvert une enquête préliminaire sur deux "incidents potentiels" liés à des frappes aériennes d'avions de combat F-16 belges dans la bataille pour la reconquête de Mossoul, pour vérifier le respect des règles d'engagement par les pilotes belges qui opéraient ce jour-là au dessus de Mossoul en appui aux forces irakiennes. "Après analyse minutieuse des divers éléments d’enquête recueillis, il ressort que rien ne justifie l’ouverture d’une information judiciaire", a ensuite précisé le parquet fédéral, ajoutant que l’enquête internationale est toujours en cours.

Selon M. Jayashi, un examen du site par les forces irakiennes a démontré que le bâtiment soufflé par une explosion le 17 mars n'a pas été touché par un raid aérien de la coalition. "Il n'y avait pas de trou dans le bâtiment", a ajouté le porte-parole irakien devant des journalistes accompagnant le chef d'état-major interarmes américain, le général Joe Dunford lors d'une visite lundi à Bagdad en compagnie du gendre et proche collaborateur du président américain Donald Trump, Jared Kushner.

Selon M. Jayashi, une frappe aérienne de la coalition a bien touché un bâtiment dans lequel se cachaient des combattants de l'EI. "Le raid a été précis à 100% et est correct", a-t-il souligné.

Un véhicule transformé en bombe sur roues - ce que les militaires appellent VBIED, pour "Vehicle-Borne Improvised Explosive Device" - se trouvait entre le bâtiment visé et une maison voisine.

L'explosion de la bombe de Daech a détruit tout le bloc d'immeubles, a pour sa part expliqué le porte-parole du ministère de la Défense irakien, le général de brigade Tahseen Ibrahim, toujours cité par le Pentagone.

La taille des bombes larguées par les avions de la coalition n'aurait pu causer le genre de dégâts constatés sur place par les forces irakiennes, a ajouté le général. Le même genre d'explications a été avancé à Bruxelles par le ministère de la Défense pour expliquer le déroulement des opérations aériennes du 18 mars à Mossoul.

La Belgique participe depuis juillet dernier et jusque fin juin, avec six F-16 opérant depuis la Jordanie, à l'opération "Inherent Resolve" lancée par les Etats-Unis en août 2014 pour "exterminer" les djihadistes de Daech après qu'ils se soient emparés de larges portions des territoires irakien et syrien. Le gouvernement a élargi la mission des aviateurs belges, initialement cantonnée à l'Irak, à la Syrie voisine. 

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