Un double attentat suicide à Bagdad fait au moins 32 morts et 110 blessés

L'attaque de ce jeudi n'a pas été revendiquée dans l'immédiat, mais ce mode opératoire a déjà été utilisé dans le passé par le groupe État islamique (EI). ©AFP

Deux kamikazes se sont fait exploser, ce jeudi, dans le centre de Bagdad, tuant au moins 32 personnes et en blessant 110 autres. Cela faisait 18 mois que la capitale irakienne n'avait plus connu ce genre d'attaque.

Deux attentats suicides ont frappé un marché de la place Tayaran, un carrefour très fréquenté de Bagdad. Selon l'agence officielle irakienne, au moins 32 personnes ont été tuées et 110 autres blessées, un nouveau bilan toujours provisoire pour un genre d'attaque devenu rare dans la capitale irakienne. Les médecins, eux, disent redouter que le bilan ne continue de grimper dans la métropole de dix millions d'habitants où le ministère de la Santé a annoncé avoir placé l'ensemble du personnel médical en état d'alerte maximale.

Le ministre de la Santé a assuré que toutes les personnes décédées avaient été tuées sur place, assurant qu'aucune n'avait succombé à ses blessures dans l'un des hôpitaux de la capitale, tous placés en état d'alerte maximale depuis le matin.

Deux explosions successives

©AFP

Un premier homme a déclenché sa ceinture explosive au beau milieu du marché de vêtements d'occasion de la place Tayaran, a expliqué le ministère de l'Intérieur. Alors qu'un attroupement se formait pour tenter de venir en aide aux victimes, un second kamikaze a fait détoner ses explosifs.

Sur la place, des flaques de sang étaient visibles, de même que des lambeaux de vêtements déchiquetés par les explosions, a constaté un photographe de l'AFP. Soldats et ambulanciers étaient déployés en masse, les premiers bloquant les accès et les seconds s'activant à déplacer des corps ou à aider des blessés, dans un ballet d'ambulances aux sirènes entêtantes.

Une attaque du même type avait fait 31 morts sur cette place il y a trois ans, quasiment jour pour jour.

Mode opératoire proche de l'EI

L'attaque n'a pas été revendiquée dans l'immédiat, mais ce mode opératoire a déjà été utilisé dans le passé par le groupe État islamique (EI), qui a occupé près du tiers de l'Irak en 2014 avant que le gouvernement irakien ne déclare avoir gagné sa guerre contre les jihadistes fin 2017.

Depuis, des cellules jihadistes se terrent dans les nombreuses zones montagneuses et désertiques du pays. Jusqu'ici toutefois, l'EI n'a revendiqué que des attaques de faible envergure, menées généralement de nuit contre des positions militaires dans des zones isolées, loin des villes.

Les derniers attentats ayant fait plusieurs morts à Bagdad remontent à juin 2019.

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