Nouvelle nuit de pilonnage de Gaza par Israël

L'armée israélienne a mené aux premières heures de lundi une intense série de frappes sur Gaza. ©AFP

L'armée israélienne a mené dans la nuit une intense série de frappes sur Gaza. Plus de 200 personnes sont décédées dans le conflit qui fait rage depuis une semaine.

Dans la nuit de dimanche à lundi, l'aviation israélienne a pilonné, à des dizaines de reprises, la bande de Gaza d'où des groupes armés ont tiré de nouvelles roquettes vers Israël.

Les frappes ont provoqué des coupures d'électricité, a constaté un journaliste de l'AFP. Des centaines de bâtiments ont été endommagés, d'après les autorités locales, qui n'ont pas fait état de victimes dans l'immédiat.

"Netanyahu doit se rendre compte que nous sommes des civils, pas des militaires."
Mani Qazaat
Habitante de Gaza

L'armée israélienne a indiqué, ce lundi dans un communiqué, avoir ciblé neuf maisons appartenant à des hauts commandants du Hamas et qui servaient, pour certaines, à "stocker des armes".

"Il n'y a jamais eu de frappes d'une telle ampleur", a témoigné Mad Abed Rabbo qui vit dans l'ouest de la ville de Gaza. "J'ai eu l'impression de mourir", a déclaré, pour sa part, Mani Qazaat, une autre habitante de Gaza. "Netanyahou doit se rendre compte que nous sommes des civils, pas des militaires".

Aucune avancée à l'ONU

Le Conseil de sécurité se réunissait, dimanche, pour une troisième réunion d'urgence sur le conflit israélo-palestinien. La session virtuelle n’a abouti à aucune avancée.

Les affrontements au Proche-Orient doivent "cesser immédiatement" car ils risquent "de déclencher une crise sécuritaire et humanitaire incontrôlable" dans la région, avait averti le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, en ouvrant la réunion.

La représentante des États-Unis auprès de l'ONU, Linda Thomas-Greenfield, a déclaré que son pays avait indiqué à Israël et aux Palestiniens qu'il était prêt à apporter son aide "si les parties souhaitaient un cessez-le-feu".

Selon plusieurs diplomates interrogés par l'AFP, les États-Unis continuaient dimanche à refuser toute déclaration conjointe. Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, qui présidait la réunion, a demandé à Washington de "prendre ses responsabilités, prendre une position juste, et, soutenir, avec une grande partie de la communauté internationale, le Conseil de sécurité dans ses efforts pour apaiser la situation."

De son côté, la représentante des États-Unis auprès de l'ONU, Linda Thomas-Greenfield, a déclaré que son pays avait indiqué à Israël et aux Palestiniens qu'il était prêt à apporter son aide "si les parties souhaitaient un cessez-le-feu". Elle a également affirmé que les États-Unis avaient "travaillé sans relâche pour mettre fin au conflit via les canaux diplomatiques."

Un dimanche particulièrement sanglant

Cette réunion du Conseil de sécurité intervenait alors que la journée a été particulièrement sanglante dans la bande de Gaza. Au moins 42 Palestiniens, dont au moins huit enfants et deux médecins, ont été tués dans des frappes israéliennes, selon des responsables locaux de la santé.

"Nous agissons maintenant, aussi longtemps que ce sera nécessaire, pour vous ramener calme et tranquillité, à vous, citoyens d'Israël."
Benyamin Netanyahou
Premier ministre israélien

L'aviation israélienne a bombardé, notamment, la maison du chef du Hamas pour la bande de Gaza, Yahya Sinouar, franchissant un nouveau palier dans ses attaques contre le mouvement islamiste palestinien. On ignore le sort de ce haut dirigeant qui avait été réélu en mars à la tête du bureau politique de l'organisation à Gaza.

Les frappes israéliennes ne sont pas près de s'arrêter. "Notre campagne contre les organisations terroristes se poursuit à plein régime", s'est félicité le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou dans un discours télévisé dimanche. "Nous agissons maintenant, aussi longtemps que ce sera nécessaire, pour vous ramener calme et tranquillité, à vous, citoyens d'Israël. Cela prendra du temps", a-t-il ajouté.

À Jérusalem-Est, une attaque à la voiture bélier visant des forces de sécurité israélienne a blessé quatre policiers dimanche après-midi. Les secouristes locaux ont fait état de sept blessés au total. Ce sont les menaces israéliennes d'expulsion de familles palestiniennes de ce quartier pour y installer des colons juifs qui avaient mis le feu aux poudres et provoqué l'escalade des tensions entre Israël et la Palestine. 

L'immeuble d'AP et d'Al-Jazeera, "une cible légitime"

Samedi, des bombardements israéliens ont pulvérisé les locaux de l'agence de presse Associated Press et de la chaîne Al-Jazeera à Gaza. Les forces israéliennes ont affirmé que l'immeuble abritait "des entités appartenant au renseignement militaire" du Hamas, qui se sert selon elle des civils comme "boucliers humains" dans la bande de Gaza. Benyamin Netanyahu, de son côté, a affirmé que le bâtiment était une cible parfaitement légitime", lors d'un entretien à l'émission "Face the Nation" de CBS.

En Israël, le conflit s'est également traduit par des violences dans les communautés mixtes du pays.

En Israël, le conflit s'est également traduit par des violences dans les communautés mixtes du pays, avec des attaques contre des synagogues et des commerces tenus par des Arabes vandalisés. Des heurts ont également éclaté en Cisjordanie occupée. Au moins 12 Palestiniens y ont été tués par des soldats israéliens depuis vendredi, la plupart lors d'affrontements.

Depuis le début de ce nouveau cycle de violences entre l'État hébreu et des groupes palestiniens de la bande de Gaza, lundi dernier, 197 Palestiniens, dont 58 enfants, ont péri dans les raids de l'armée israélienne, selon un dernier bilan palestinien. Côté israélien, dix personnes ont été tuées alors que les groupes armés palestiniens, dont le Hamas, ont tiré plus de 3.100 roquettes vers Israël depuis le début de ces hostilités, selon l'armée israélienne. Une grande partie de ces roquettes a été interceptée par le système anti-missile israélien.

Samedi, deux roquettes palestiniennes ont atteint le centre-ville de Ramat Gan, à l'ouest de Tel Aviv. ©Photo News

Joe Biden soutient Israël

Benyamin Netanyahou, qui s'est entretenu avec le président américain après les frappes de samedi, a affirmé, sameid soir, avoir le soutien "sans équivoque" de Joe Biden. Ce dernier a soutenu le droit d'Israël "à se défendre" contre les attaques du Hamas, tout en faisant part de préoccupation au sujet de "la sécurité des journalistes".

"Nous pensons également que les Palestiniens et les Israéliens méritent tous deux de vivre en sécurité et de jouir de la même liberté, de la même prospérité et de la même démocratie"
Joe Biden
Président des États-Unis

Pour la première fois depuis son arrivée à la Maison-Blanche, le démocrate s'est également entretenu avec le président palestinien Mahmoud Abbas. Le président américain a indiqué que son administration travaillait avec toutes les parties pour parvenir à un calme durable.

"Nous pensons également que les Palestiniens et les Israéliens méritent tous deux de vivre en sécurité et de jouir de la même liberté, de la même prospérité et de la même démocratie", a-t-il souligné dans une vidéo préenregistrée diffusée lors d'un événement marquant la fête musulmane de l'Aïd dimanche.

De son côté, le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a multiplié les entretiens. Il a ainsi discuté des affrontements en Israël, en Cisjordanie et à Gaza avec les ministres qatari, saoudien et égyptien des Affaires étrangères, a rapporté dimanche le département d'État américain.

"L'intensité de ce conflit, c'est quelque chose que nous n'avons jamais vu auparavant (...)."
Robert Mardini
Directeur général du CICR

Du jamais vu, selon le CICR

Avant l'ouverture de la réunion du Conseil de sécurité de ce dimanche, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a appelé ses membres "à exercer le maximum d'influence pour mettre fin aux hostilités entre Gaza et Israël".

Des habitants de Gaza fuyant les bombardements. ©AFP

"L'intensité de ce conflit, c'est quelque chose que nous n'avons jamais vu auparavant avec des raids aériens incessants contre Gaza, qui est densément peuplée, et des roquettes qui frappent des grandes villes en Israël avec pour conséquence des enfants qui meurent des deux côtés", a affirmé Robert Mardini, le directeur général du CICR.

Son organisation a également appelé toutes les parties à "assurer un meilleur accès aux personnes touchées dans la bande de Gaza" alors que l'Égypte a ouvert samedi sa frontière terrestre avec Gaza et envoyé 10 ambulances dans l'enclave palestinienne pour évacuer et traiter dans ses hôpitaux des Gazaouis blessés.

Réunion au niveau européen

L'Europe a, elle aussi, les yeux rivés sur la situation à Gaza. Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne (UE) tiendront, mardi, une visioconférence d'urgence sur l'escalade des combats, a annoncé, ce dimanche, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

Les 27 pays de l'UE ont souvent du mal à trouver une position commune sur le conflit israélo-palestinien.

"Nous coordonnerons et discuterons de la manière dont l'UE peut contribuer au mieux à mettre fin à la violence actuelle", a-t-il annoncé sur Twitter. "La priorité et le message de l'UE dans ce contexte restent clairs: la violence doit cesser maintenant", ont déclaré samedi les services de la diplomatie de l'UE dans un communiqué.

Les 27 pays de l'UE ont souvent du mal à trouver une position commune sur le conflit israélo-palestinien, certains membres dont l'Allemagne, l'Autriche et la Slovénie soutenant fermement le droit d'Israël à se défendre quand d'autres l'exhortent à faire preuve de plus de retenue.

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