portrait

Jacinda Ardern, la rigueur face au Covid plébiscitée aux urnes

Brillante gestionnaire de crise, la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern a remporté haut la main les élections de samedi.

«Go hard, Go early.» Vite et fort, c'est la devise de combat de Jacinda Ardern face au Covid. En fermant les frontières et en décrétant un des confinements les plus stricts au monde, la Première ministre néo-zélandaise est devenue un exemple international de gestion de crise. Une stratégie que les Kiwis ont couronnée samedi d’un plébiscite électoral. Les résultats presque complets des législatives créditent son parti social-démocrate de 49% des voix. C'est l'assurance d'une majorité confortable au Parlement.

L’archipel océanien, où la pandémie est à l’arrêt, est apparu comme un laboratoire de maîtrise pandémique. C'est vrai qu'il partait avec deux atouts de taille: son insularité et sa faible densité démographique. Mais Jacinda Ardern a su prendre des décisions claires et rapides, avec jusqu'ici un résultat qui force le respect: 25 morts seulement et moins de 2.000 cas pour un pays de cinq millions d'habitants.

"La Nouvelle-Zélande a agi rapidement et a suivi les recommandations de l'OMS sur la distanciation physique, la communication, le testing, l'isolement, le traitement des cas, et le traçage des contacts."
L’Organisation mondiale de la Santé

En février dernier, avant même qu’un premier cas ne soit rapporté dans le pays, elle interdisait l’entrée sur le territoire de tout étranger en provenance de Chine. Mais c'est d’Iran qu’arrivera le premier cas identifié. Wellington finit par contraindre à l’isolement toute personne arrivant dans le pays. Jacinda Ardern annonce prendre les mesures les plus strictes au monde et souligne au passage qu'elle ne "présentera pas d'excuses". Le confinement généralisé est décrété alors que le pays n’a encore enregistré qu’une centaine de cas et aucun mort.

Des critiques, il y en a. L’opposition s’étrangle de ne pas avoir été consultée sur des décisions qui vont mettre à mal l’économie du pays pour si peu de cas. "Le mal causé par le confinement sera plus grand que si nous devions sortir", avertit le chef de l'opposition, Simon Bridges. Mais la population est très largement derrière les mesures gouvernementales – un sondage indique une adhésion de plus des quatre cinquièmes des Néo-Zélandais.

Six heures après le premier cas

Le nombre de cas quotidiens plafonne à 89, puis la courbe dégringole. Et début juin, la Première ministre peut annoncer le retour à la vie normale: "Nous sommes convaincus d'avoir éliminé la transmission du virus de Nouvelle-Zélande pour l’instant."

Bio express

1980 - Naissance à Hamilton dans une famille mormone
1999 - entre à l'université de Waikato, licence en communication.
2003 - Vice-présidente de jeunes travaillistes
2008 - Entre à la Chambre des représentants
2017 - Première ministre d'un gouvernement de coalition (travailliste, écologiste, droite nationaliste)
2020 - Son parti remporte les législatives avec son score le plus important depuis 1946

Pour l'instant. Car deux mois plus tard, au cœur de l’hiver, un cluster apparaît dans le sud d'Auckland, la capitale économique du pays. Six heures après le premier test positif, la Première ministre décide de replacer les 1,5 millions d'habitants de la ville en confinement. Efficace. Le virus disparaît à nouveau.

"La Nouvelle-Zélande a agi rapidement et a suivi les recommandations de l'OMS sur la distanciation physique, la communication, le testing, l'isolement, le traitement des cas, et le traçage des contacts", résume l’Organisation mondiale de la Santé, qui en fait un exemple de bonne gestion.

 Avec son style solaire, bienveillant mais ferme, Jacinda Ardern s’est donc présentée aux urnes avec un bilan de gestion de crise exemplaire. Elle promet de former un gouvernement dans les deux à trois semaines. Fort et vite.

Un vieux débat

Le 15 mars 2019, un suprémaciste blanc assassinait 51 musulmans dans deux mosquées de Christchurch. Cinq jours plus tard, Jacinda Ardern annonçait l'interdiction des armes à feu semi-automatiques, tranchant un vieux débat.

Comme tout le monde...

Pendant la campagne, elle a reconnu avoir fumé du cannabis "il y a longtemps", alors que le scrutin législatif se doublait d'un référendum sur sa légalisation. Comme presque tout le monde en fait: 80% des Néo-Zélandais disent avoir essayé.

Un bébé à l'ONU

Plus jeune Première ministre de l’histoire du pays, elle deviendra aussi la deuxième cheffe de gouvernement à avoir un enfant en cours de mandat et la première à participer à l'Assemblée générale de l'ONU accompagnée de son bébé.

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