"Nous continuerons à faire monter la pression sur Téhéran" (Donald Trump)

©REUTERS

Le président américain annonce des sanctions "dures" visant le Guide suprême et plusieurs grands noms du régime iranien. Pour Donald Trump, il s'agit de représailles après la destruction d'un drone américain par l'Iran le 20 juin dernier.

Donald Trump a dit avoir signé un décret infligeant de nouvelles sanctions à l'Iran. L'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la révolution iranienne, sera concerné, a précisé le président des Etats-Unis, qui a dit, dans un premier temps, avoir agi en représailles à la destruction d'un drone de l'US Navy par l'armée iranienne, jeudi dernier. Il a ensuite déclaré à la presse que les nouvelles sanctions auraient été imposées de toutes façons. 

Le Conseil de sécurité de l'Onu a lui appelé, dans une déclaration unanime approuvée par ses 15 membres, "au dialogue" et à des mesures pour mettre fin aux tensions dans le Golfe.

"Nous continuerons à faire monter la pression sur Téhéran", a affirmé le président Trump depuis le Bureau ovale, assurant que les sanctions pourraient rester en place pendant "des années".

Téhéran assure de son côté que le drone a violé son espace aérien, ce que Washington dément. Les Etats-Unis ont par ailleurs imputé l'attaque de deux pétroliers, le 13 juin dans le golfe d'Oman, à l'armée iranienne, qui nie, là aussi, toute implication.   

"L'armée américaine n'a rien à faire dans le Golfe", dit l'Iran

"Les actifs de l'ayatollah Khamenei et de son équipe ne seront pas épargnés par les sanctions."
Donald Trump
Président américain

Donald Trump n'a pas détaillé les nouvelles mesures prises à l'encontre du régime iranien. Il a toutefois précisé que "les sanctions contenues dans ce décret empêcheront le Guide suprême, son équipe et d'autres qui lui sont étroitement liés d'avoir accès à des ressources financières essentielles.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, est aussi dans le collimateur des Américains. Il sera sanctionné "plus tard cette semaine", a indiqué le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, soulignant que les Etats-Unis allaient geler des "milliards de dollars" d'actifs iraniens supplémentaires. Huit hauts gradés des Gardiens de la Révolution seront également sanctionnés.  

Le ministre des Affaires étrangères iranien a réagi dans un tweet, sans faire explicitement référence aux sanctions. Mohammad Javad Zarif a estimé que Donald Trump "a raison à 100% sur le fait que l'armée américaine n'a rien à faire dans le golfe Persique."  

Pour le ministre Zarif, "il est maintenant clair que la [bande à Bolton] ne se préoccupe pas des intérêts américains (...) "Ils méprisent la diplomatie et ont soif de guerre", écrit-il sur Twitter. Le chef de la diplomatie iranienne use du terme "B team" en anglais pour qualifier l'équipe formée selon lui par le conseiller à la sécurité nationale américaine John Bolton, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu ainsi que les prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane et son homologue d'Abou Dhabi, Mohammad ben Zayed, tous partisans d'une ligne dure contre l'Iran. Il accuse en outre les quatre hommes d'être les éminences grises soufflant à Donald Trump ses décisions vis-à-vis de l'Iran.

Risque d'embrasement 

Washington et Téhéran, qui n'ont plus de relations diplomatiques depuis 1980, sont engagés dans un nouvel accès de fièvre qui fait craindre un embrasement. Donald Trump a dit avoir annulé in extremis des frappes de représailles, prévues vendredi, contre des cibles iraniennes. Alliée de l'Iran, la Russie avait qualifié les nouvelles sanctions d'"illégales". 

Le président français Emmanuel Macron a lui annoncé qu'il rencontrerait "en aparté" Donald Trump pour évoquer le dossier iranien en marge du sommet G20 en fin de semaine au Japon.

Dans un communiqué commun, au moment où le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo effectue une visite aux Emirats et en Arabie saoudite, deux alliés de Washington et grands rivaux de Téhéran, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis ont exhorté à trouver des "solutions diplomatiques" pour faire baisser les tensions actuelles. De son côté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a martelé que son pays, ennemi juré de l'Iran, ferait tout pour l'empêcher d'obtenir la bombe atomique.

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