200 "oligarques" russes dans le viseur de Washington

©REUTERS

Les autorités américaines ont publié une liste d'officiels et d'hommes d'affaires russes, considérés comme proches de Vladimir Poutine et susceptibles d'être sanctionnés pour punir Moscou de son ingérence supposée dans la dernière présidentielle aux Etats-Unis.

Peu avant 6 heures, heure belge, le département du Trésor a rendu publique une liste d'"oligarques" comprenant 114 personnalités du monde politique russe et 96 personnalités du monde des affaires.

La publication de cette liste de sept pages comprend notamment le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, le Premier ministre Dmitri Medvedev et de hauts responsables des services de renseignements russes

Parmi les personnalités visées figurent aussi German Gref, directeur général de la banque publique Sberbank, premier établissement financier de Russie, et Andreï Kostine, patron de VTB, deuxième banque du pays. Alexeï Miller, directeur général du géant gazier Gazprom, est également mentionné ainsi que plusieurs magnats de la métallurgie comme Oleg Deripaska, co-propriétaire de Rusal, le deuxième producteur mondial d'aluminium.

Moscou prépare la riposte

"Ce n'est pas d'hier que nous vivons dans des conditions de manifestations d'agressivité à notre encontre, c'est pourquoi il ne faut pas céder aux émotions, nous devons d'abord tout comprendre et ensuite formuler notre position."
Dmitri Peskov
Porte-parole du Kremlin

Dans son communiqué, le département du Trésor précise que l'inclusion de ces personnes sur cette liste ne signifie pas qu'elles sont sujettes à des sanctions, qu'elles répondent aux critères pour être sanctionnées ou qu'elles sont engagées dans une quelconque activité malveillante. Il explique les avoir désignées en raison de leur statut et de leur proximité avec le régime russe.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a réagi à la publication de cette liste en estimant qu'elle était "susceptible de nuire à l'image et la réputation de nos entreprises, de nos hommes d'affaires, de nos hommes politiques et de nos membres dirigeants". Il a ajouté que le Kremlin examinerait de près ce rapport "sans précédent" avant de tirer de plus amples conclusions.

"Nous nous attendions à cette liste, et, je ne le cache pas, nous étions prêts à prendre des mesures de rétorsion, des mesures fermes, qui auraient réduit à zéro nos relations. Pour le moment, nous nous abstiendrons de prendre de telles mesures. Mais nous suivrons de près l'évolution de la situation".
Vladimir Poutine
Président russe

Un peu plus tard dans la journée, le président Poutine a explique que cette liste était "de toute évidence, un acte hostile. Cela va compliquer un peu plus l'état des relations russo-américaines, et bien sûr, porter plus généralement un coup aux relations internationales." Le maître du Kremlin a jugé "stupide" de traiter les Russes de la même façon que les Nord-Coréens et les Iraniens tout en leur demandant de jouer un rôle de médiation dans la péninsule coréenne. "Nous nous attendions à cette liste, et, je ne le cache pas, nous étions prêts à prendre des mesures de rétorsion, des mesures fermes, qui auraient réduit à zéro nos relations", a-t-il ajouté. "Pour le moment, nous nous abstiendrons de prendre de telles mesures. Mais nous suivrons de près l'évolution de la situation". 

L'entourage proche de Vladimir Poutine est en revanche déjà visé par des sanctions américaines (gel des actifs, interdiction de visa) consécutives à l'annexion par la Russie de la péninsule ukrainienne de Crimée en 2014.

Moscou Influencera les législatives US, selon la CIA

Les interférences russes n'ont pas cessé et Moscou tentera vraisemblablement d'influencer les législatives de novembre 2018 aux Etats-Unis, a avancé le directeur de la CIA Mike Pompeo dans une interview à la BBC. "Je n'ai pas vu de diminution importante de leurs activités", a expliqué Mike Pompéo en référence à l'ingérence russe dans la présidentielle américaine de 2016. "Je m'attends à ce qu'ils continuent à essayer et à faire cela, mais j'ai la conviction que l'Amérique sera capable d'avoir des élections libres et équitables (et) que nous repousserons (les ingérences) suffisamment efficacement pour que leur impact sur nos élections ne soit pas important", a-t-il poursuivi.

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