A El Paso et Dayton, Trump se tient loin de la colère

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Le président américain s'est rendu à El Paso et Dayton, lieux des fusillades meurtrières du week-end dernier. Alors que ses discours racistes sont mis en cause, Trump a soigneusement évité tout contact avec la presse et les manifestants.

Depuis les deux fusillades du week-end passé qui ont endeuillé  les États-Unis, Donald Trump est fortement critiqué par ses adversaires, notamment parce qu'il évoque régulièrement une "invasion" des États-Unis par les migrants d'Amérique centrale et que le tireur a dénoncé une "invasion hispanique" dans un manifeste mis en ligne avant son passage à l'acte.

32
morts
Les tueries d'El Paso et Dayton ont fait 32 morts au total, en comptant l'un des tireurs

Mercredi, le président américain s'est rendu à El Paso et Dayton, les villes où ont eu lieu les fusillades meurtrières. Avant son départ, il s'était dédouané en affirmant que l'auteur de la tuerie de Dayton supportait ses rivaux démocrates Bernie Sanders et Elizabeth Warren.

"Renvoyez-le"

A El Paso, des centaines de manifestants attendaient Trump dans un parc, brandissant des panneaux barrés des mentions: "Vos mots ont des conséquences". D'autres panneaux indiquaient: "Trump est raciste", "L'amour contre la haine", ou "Renvoyez-le!" (allusion à un slogan employé par Trump contre quatre élues démocrates issues de minorités). 

Trump a fait une brève déclaration à la presse: "Nous avons rencontré tous les médecins, infirmières, les équipes médicales. Ils ont fait un boulot incroyable." "Nous avons quitté l'Ohio, et l'amour, le respect pour la fonction présidentielle, c'était - j'aurais aimé que vous soyez là pour le voir."

La manifestation était tenue bien à l'écart et la presse a eu un accès très restreint à ses déplacements. Son équipe de communication a invoqué le respect pour les victimes et leurs familles pour justifier la distance imposée aux caméras.

"Beaucoup de gens n'étaient pas intéressés par sa visite"

Le président s'est rendu aussi à Dayton, dans l'Ohio, où il n'était pas non plus fort bienvenu. Il s'est rendu au chevet de blessés et a remercié les premiers secours, mais il s'est gardé d'aller sur les lieux du drame, un quartier animé de bars et de restaurants. 

"Il a bien fait", a estimé la maire démocrate Nan Whaley. Il y a "beaucoup de colère et d'agitation" sur place et "beaucoup de gens n'étaient pas intéressés par sa visite."

Toujours le débat sur le port d'armes

Mais Trump n'a pas complètement échappé à l'indignation: des centaines de personnes s'étaient réunies près de l'hôpital où il s'est rendu, déployant le fameux ballon "Baby Trump", personnage gonflable représentant un bébé colérique à l'effigie du président. Les manifestants ont brandi des panneaux l'exhortant de "s'opposer à la NRA", le puissant lobby des armes qui bloque toute tentative de réguler le marché des armes à feu, et d'interdire les fusils d'assaut.

Le président milliardaire avait auparavant assuré qu'il y avait "peu d'appétit" politique à Washington pour interdire ce type d'armes, impliquées dans les fusillades du week-end.  Mais il s'était en revanche dit favorable à une évolution législative pour empêcher les personnes ayant des troubles mentaux de posséder une arme à feu.

Dans ce contexte fort chargé, l'insaisissable président n'a pu s'empêcher de titiller Joe Biden, le favori de la primaire démocrate pour la présidentielle de 2020 qui avait dit que le langage du président était "toxique" et attisait "les flammes" du racisme. Depuis l'avion présidentiel Air Force One qui le menait de Dayton à El Paso, Donald Trump a riposté: "Je regarde Joe Biden l'endormi faire un discours. Teeellement ennuyeux"! 

Le Mexique demande une cohabitation pacifique

De son côté, le Mexique a transmis aux États-Unis une note diplomatique exprimant son rejet des "discours de haine" et du concept de "suprématie blanche" après la fusillade meurtrière survenue samedi à El Paso, où un tireur a abattu 22 personnes, dont huit Mexicains. Le Mexique demande dans ce document envoyé à l'ambassade américaine un meilleur partage d'informations sur les "individus" ou "les organisations potentielles prônant la 'suprématie blanche' qui pourraient mettre en danger" les citoyens mexicains. "Les discours de haine n'ont pas leur place dans nos sociétés. Le concept de 'suprématie blanche' (...) va à l'encontre d'une cohabitation pacifique (...). Ces idées n'entraînent que des clivages dangereux et de la violence", ajoute le document.

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