Accord à 26 milliards pour résoudre des litiges liés à la crise des opiacés

La crise des opiacés, déclenchée dans les années 1990, a fait plus de 500.000 morts par overdose aux États-Unis depuis 20 ans. ©AFP

Accusés d'avoir alimenté la crise des opiacés qui ravage les États-Unis, le laboratoire Johnson & Johnson et trois gros distributeurs américains de médicaments ont accepté de payer 26 milliards de dollars.

Le laboratoire Johnson & Johnson a accepté de payer 5 milliards de dollars sur neuf ans, et les distributeurs McKesson, Cardinal Health et AmerisourceBergen, 21 milliards sur 18 ans, pour mettre fin à près de 4.000 actions en justice intentées par des dizaines d'États américains et collectivités locales, dans le cadre d'un accord à l'amiable "historique", a annoncé la procureure de l'État de New York dans un communiqué.

La crise des opiacés, déclenchée par la promotion agressive de médicaments anti-douleur tels que l'oxycodone dans les années 1990, a fait plus de 500.000 morts par overdose aux États-Unis depuis 20 ans. Et la crise sanitaire n'a montré aucun signe de relâchement. La semaine dernière, les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies ont déclaré que 2020 était une année record pour l'ensemble des décès par overdose, avec 93.331 morts, soit une augmentation de 29% par rapport à l'année précédente.

"Le règlement est, pour être franc, loin d'être suffisant pour Washington."
Bob Ferguson
Procureur général de l'État de Washington

Les distributeurs ont été accusés de contrôles laxistes, qui ont permis le détournement de quantités massives d'analgésiques créant une dépendance vers des circuits illégaux, dévastant ainsi des communautés, tandis que J&J a été accusé de minimiser le risque de dépendance dans sa commercialisation d'opioïdes. Les entreprises ont toutes nié ces allégations.

Le règlement prévoit également la création d'un centre d'échange indépendant, qui fournira aux trois distributeurs et aux autorités de réglementation des États des données globales sur la destination et la fréquence des médicaments, un outil dont les négociateurs espèrent qu'il contribuera à réduire les livraisons excessives de pilules aux communautés.

Soutien insuffisant

Le montant final que les entreprises devront payer dépendra de la mesure dans laquelle les États adhéreront à l'accord, et confirmeront que leurs villes et comtés sont d'accord. Au moins 44 États doivent signer l'accord pour recevoir une partie de l'argent, et les négociateurs espèrent obtenir davantage de soutien, a déclaré une personne connaissant bien le dossier. En plus de l'État de New York, six autres États ont indiqué l'avoir accepté: Caroline du Nord, Connecticut, Delaware, Louisiane, Pennsylvanie, et Tennessee. 

Environ la moitié des États auraient déjà adopté une législation ou signé des accords avec leurs collectivités locales sur la manière dont l'argent du règlement sera distribué.

La Virginie occidentale et Washington ont cependant rejeté l'accord. Il "favorise les États les plus peuplés aux dépens de ceux où la crise est la plus intense", a notamment dénoncé le procureur de Virginie occidentale, l'un des plus touchés par la crise des opiacés.

Les États auront 30 jours pour décider s'ils veulent adhérer à l'accord. Mais choisir de participer ne garantit à un État que 55% de sa part du règlement en tant que montant de base. Les 45 % restants dépendent de la capacité de l'État, par le biais d'une loi ou d'un accord, à obtenir l'adhésion de ses subdivisions politiques et à garantir aux entreprises la fin du litige. Les collectivités locales ont, elles, jusqu'à 150 jours pour se joindre à l'opération.

Selon Christine Minhee, qui dirige un projet de surveillance des litiges liés aux opioïdes, environ la moitié des États ont déjà adopté une législation ou signé des accords avec leurs collectivités locales sur la manière dont l'argent du règlement sera distribué.

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