Après les midterms, cap sur la présidentielle de 2020

©AFP

Le président Trump l’a dit et répété, il briguera un second mandat en 2020. Les élections de mi-mandat terminées, ceux qui veulent lui barrer la route vont commencer à sortir du bois.

Une élection en chasse une autre. La page du scrutin de mi-mandat qui se tient mardi aux Etats-Unis se tourne à peine que c’est déjà la présidentielle du 3 novembre 2020 qui se profile. Les premiers candidats "sérieux" devraient commencer à sortir du bois dans les semaines qui viennent et se mettre en quête de fonds pour financer leur campagne. Ensuite, les choses iront vite. Les premières primaires sont en effet prévues dans un peu plus d’un an (début février 2020).

Côté républicain, cela fait d’ailleurs déjà plusieurs mois que Donald Trump est en campagne (sous couvert de soutenir des candidats républicains aux élections de mi-mandat). Il a un slogan: "Keep America Great" (maintenir la grandeur des Etats-Unis). Il a un directeur de campagne: Brad Parscale, qui avait déjà dirigé le volet digital de sa campagne en 2016. Et il a déjà levé au moins 108 millions de dollars à cette fin.

Chez les républicains

Défier Trump aux primaires si son taux de popularité auprès des électeurs républicains continue de caracoler aux alentours de 90% sera très compliqué. Mais pas impossible. Plusieurs grosses pointures du parti qui ont exprimé leurs désaccords avec le Président dans le passé pourraient tenter l’aventure, comme Bob Corker, le sénateur sortant du Tennessee ou Jeff Flake, son confrère d’Arizona qui quittera également le Sénat en janvier prochain. John Kasich, le gouverneur de l’Ohio, qui avait déjà tenté de briguer l’investiture républicaine en 2016, est également régulièrement cité comme alternative modérée à l’actuel locataire de la Maison-Blanche.

"J’aimerais être présidente."
Hillary Clinton
Candidate malheureuse à la présidentielle de 2016

Il se dit même que Mike Pence cacherait bien son jeu sous ses airs de vice-président totalement acquis à son patron et qu’il serait discrètement en train de fourbir ses armes. Dans un article publié en septembre dans le magazine Vanity Fair, le journaliste Gabriel Sherman affirme que Trump ne serait pas dupe et laisse entendre qu’il aurait même envoyé son ancien directeur de campagne Corey Lewandowski tenir Pence à l’œil.

Mais, ce qui a jusqu’à présent fait le plus jaser, c’est la décision de Nikki Haley de quitter le poste de Représentante permanente des Etats-Unis auprès de l’ONU (ce sera chose faite en janvier). Visiblement en bons termes avec Trump, cette ancienne gouverneure de Caroline du Sud est sans doute le membre le plus populaire de son administration. Il n’en fallait pas plus pour que d’aucuns lui attribuent des arrière-pensées.

Quelques "usual suspects"…

C’est bien évidemment dans les rangs démocrates que les candidats seront les plus nombreux. Les stratèges démocrates se triturent les méninges pour savoir s’il vaudrait mieux attaquer Trump de front en menant une campagne agressive et en utilisant en quelque sorte ses propres armes, ou si les électeurs se montreraient plus réceptifs à un candidat politiquement correct et potentiellement rassembleur. Mais derrière cette question existentielle s’en cache une autre: le parti va-t-il pouvoir se rassembler alors qu’il reste aussi divisé qu’il l’était pendant les primaires de 2016 entre sa faction modérée et une frange progressiste, voire ultra-progressiste, de plus en plus grande.

En attendant, on retrouverait plusieurs "usual suspects" dans les starting blocks, comme l’ancien vice-président Joe Biden, le sénateur ultra-progressiste Bernie Sanders (déjà candidat en 2016) et la non moins progressiste sénatrice Elizabeth Warren. Michael Bloomberg, l’ancien maire de New York, est également considéré comme candidat potentiel au vu de la campagne acharnée qu’il a menée pour les démocrates aux élections de mi-mandat.

Le sénateur démocratie Bernie Sanders le 25 octobre à Las Vegas. ©AFP

Même Hillary Clinton a semé le doute. Interrogée la semaine dernière pour savoir si elle se représenterait, elle a répondu "non". "J’aimerais être présidente", a-t-elle ensuite admis tout en promettant de faire tout ce qui serait en son pouvoir pour faire en sorte qu’un(e) démocrate soit à la Maison-Blanche en janvier 2021. Le 18 novembre, elle entamera par Las Vegas une tournée dans 13 villes américaines avec son mari, l’ancien président Bill Clinton. Plutôt troublant.

… et du sang neuf

Plusieurs étoiles montantes du parti pourraient émerger dans les prochains mois, à la grande satisfaction d’une base démocrate de plus en plus fatiguée de voir toujours les mêmes figures aux premiers plans. La sénatrice de Californie Kamala Harris, l’ex-maire de San Antonio Julian Castro ou Beto O’Rourke, député du Texas et candidat à un siège de sénateur aux élections de mi-mandat, font partie de ceux qui sont régulièrement cités pour reprendre le flambeau.

Puis, il y a les outsiders qui ne manqueront pas de tenter leur chance, à l’image de Michael Avenatti. L’avocat de Stormy Daniels, cette actrice de films X avec qui Trump aurait eu une relation sexuelle et à qui Michael Cohen, son ancien avocat, avait versé 130.000 dollars pour acheter son silence, se voit déjà apparemment en tête d’affiche. La semaine dernière, il a lancé ce qui ressemble furieusement à un premier spot de campagne dans lequel il appelait les électeurs démocrates à exprimer leur mécontentement dans les urnes. Son style plutôt musclé ne laisse en tout cas pas beaucoup de doute sur la stratégie qu’il adopterait face à Trump. Il attaquerait le Président sur son terrain…

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