Aux États-Unis, un plan massif pour relancer une économie asphyxiée

Le sénat devait voter ce mercredi le plan de relance de l'économie américaine, plombée par la crise du coronavirus. ©AFP

Un texte de loi bipartisan vient en aide aux Américains et aux entreprises frappés par la crise économique liée au Covid-19. Le virus a déjà contaminé plus de 60.000 personnes dans le pays.

Le Sénat américain a approuvé à l'unanimité un plan "historique" de 2.000 milliards de dollars pour soutenir la première économie mondiale, asphyxiée par la pandémie de coronavirus qui a déjà fait plus de 1.000 morts aux Etats-Unis. Il doit encore être approuvé par la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates, lors d'un vote prévu vendredi, avant d'être promulgué par le président américain.

  • Un niveau jamais vu

Environ 2.000 milliards de dollars, soit 10% du PIB américain: jamais dans l’histoire moderne des États-Unis une telle somme n’avait été engagée. À titre de comparaison, le plan de Barack Obama après la crise de 2008 avait mobilisé 800 milliards de dollars. Les élus et la Maison-Blanche espèrent ainsi créer un stimulus économique de 4.000 milliards de dollars.

  • Chèques

Les Américains vont recevoir une aide directe de la part du fisc sous la forme de chèques bancaires. Tous les contribuables gagnant moins de 75.000 dollars par an (juste au-dessus du revenu médian) toucheront ainsi 1.200 dollars en une fois. Le montant sera dégressif pour les revenus plus élevés. Ceux gagnant plus de 99.000 dollars par an seront exclus de la mesure, même s’ils ont perdu leur emploi. Un autre chèque de 500 dollars par enfant sera aussi destiné aux parents.

  • Chômage étendu
1200
$
Chaque contribuable va recevoir sous condition de revenus un chèque de 1200 dollars.

Alors que 14 millions d’emplois sont menacés d’ici à cet été, selon une étude parue ce mercredi, le texte prévoit un accès élargi au chômage, notamment pour les travailleurs indépendants, et un paiement supplémentaire de 600 dollars par semaine sur quatre mois. Selon les Démocrates, le plan devrait permettre aux Américains de conserver la totalité de leur paye pendant la période chômée.

  • Prêts aux entreprises et collectivités

Un fond d’environ 500 milliards de dollars sera consacré aux entreprises, dont 58 milliards pour les compagnies aériennes. Selon le Washington Post, les législateurs ont introduit une provision visant spécifiquement la société Boeing sans la nommer. Il s’agit d’un programme de prêt de 17 milliards de dollars pour les entreprises "essentielles au maintien de la sécurité nationale". Ce fleuron de l’industrie américaine était déjà considérablement affaibli avant la crise du Covid-19. Une autre enveloppe d’environ 350 milliards de dollars sera consacrée à des prêts aux entreprises et aux associations de moins de 500 salariés, à condition qu’elles continuent à payer leurs employés. 

  • Ce que les Démocrates ont décroché

Le texte a été longuement débattu entre le Sénat et la Maison-Blanche avant qu’un accord soit trouvé. Pour se rallier aux Républicains, les Démocrates ont imposé que les entreprises qui bénéficient de prêts fassent l’objet d’un contrôle strict. Un inspecteur général et un comité de supervision seront nommés à cet effet. Les sociétés n’auront pas le droit de procéder à des rachats d’actions jusqu’à un an après la fin du prêt. Les bonus pour les dirigeants devront aussi être limités. Et les mesures ne s’appliqueront pas aux entreprises détenues par Donald Trump et sa famille, ni à celles d’élus du Congrès, de ministres ou du vice-Président Mike Pence.

  • Des critiques

Certains estiment que ce plan, le troisième voté depuis le début de la crise, n’arrive pas assez vite. Donald Trump pousse pour que les chèques arrivent le 6 avril, mais cela pourrait prendre davantage de temps. Or les loyers et remboursements de crédit doivent être payés au 1er avril. De l’avis général, il faudra voter d’autres textes de soutien à l’économie dans les prochaines semaines. Andrew Cuomo, le gouverneur de New York, estime de son côté que l’enveloppe destinée aux collectivités, 150 milliards de dollars, est insuffisante. Son État, en première ligne dans la "guerre" contre cette pandémie, ne recevrait que 4 milliards.

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