Avec la Corée du Nord, les USA préfèrent maintenant le dialogue

Le 8 avril, Washington avait ordonné au porte-avions Carl Vinson et à sa flotte de naviguer vers la péninsule coréenne. Mais "l'armada très puissante" bruyamment vantée par le président Trump était partie dans l'autre sens... ©REUTERS

Changement de stratégie? L'administration Trump voudrait amener la Corée du Nord à démanteler ses programmes nucléaire et balistique via un durcissement des sanctions internationales et des pressions diplomatiques. Elle insiste sur les pistes non militaires alors qu'elle répétait jusqu'ici que "toutes les options étaient sur la table"...

Ramener Pyongyang sur "le chemin du dialogue" et non "le mettre à genoux". Washington veut maintenant renforcer les sanctions (embargo sur le pétrole, interdiction de la compagnie aérienne nord-coréenne ou encore l'interception de navires cargo) pour reprendre le dialogue avec la Corée du Nord.

Les Etats-Unis ont ainsi promis de renforcer les sanctions économiques contre la Corée du Nord et ses programmes nucléaire et balistique.

Réunion au sommet. Signe de l'urgence pour Washington:
→ le chef du Pentagone James Mattis, le secrétaire d'Etat Rex Tillerson, le directeur du Renseignement Dan Coats et le plus haut gradé militaire Joseph Dunford, ont tenu deux réunions exceptionnelles à la Maison Blanche avec les 100 sénateurs du pays et au Capitole avec les élus de la Chambre des représentants
→ Rex Tillerson se rendra à New York vendredi matin pour présider une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU consacrée au régime communiste et à ses programmes militaires nucléaire et balistique plusieurs fois condamnés ces dernières années par des résolutions des Nations unies.

La Corée du Nord est une "menace urgente pesant sur la sécurité nationale et une priorité de la politique internationale", selon un communiqué signé par Rex Tillerson, Jim Mattis et Dan Coats. Ceux-ci ont aussi assuré que l'administration Trump, qui avait joué les gros bras ces derniers jours contre Pyongyang, "recherchait la stabilité et la dénucléarisation pacifique de la péninsule coréenne".

"Nous demeurons ouverts à des négociations tournées vers cet objectif. Mais nous restons prêts à nous défendre et défendre nos alliés."

♦ Cette stratégie intervient dans un contexte de tensions extrêmes entre la Corée du Nord et les USA:

· Washington réfléchit en outre à la réinscription de la Corée du Nord sur la liste noire des Etats "soutenant le terrorisme", aux côtés de la Syrie, de l'Iran et du Soudan, a indiqué un responsable, confirmant ce qu'avait évoqué la semaine dernière Rex Tillerson.

· Côté militaire, le bouclier antimissiles THAAD (Terminal High Altitude Area Defense), dont l'installation a commencé en Corée du Sud, sera opérationnel dans les "prochains jours", selon l'amiral Harris. Washington envisage aussi d'installer de nouveaux missiles d'interception à Hawaï, l'un des territoires des Etats-Unis potentiellement à portée de missiles nord-coréens.

Le porte-avions et son escorte ont fini par prendre la direction de la péninsule coréenne et se trouvent encore en route, selon l'amiral Harris. ©REUTERS

· L'amiral Harris (chef du commandement de l'armée américaine dans la zone Asie Pacifique) a assumé devant des parlementaires sa "responsabilité" pour la "confusion" provoquée par l'annonce le 8 avril de l'envoi du porte-avions Carl Vinson et de ses navires depuis l'Asie du Sud-Est vers la péninsule coréenne. Cette "armada", vantée par Donald Trump, avait fait route dans l'autre sens, vers l'Australie, pour des manoeuvres avec la marine locale.

"Cette confusion est de ma faute et j'en prendrai la responsabilité", a déclaré devant une commission parlementaire à Washington l'amiral Harry Harris. Le porte-avions et son escorte ont fini par mettre le cap vers la péninsule coréenne, a assuré l'amiral.

Cela alors que le monde craint que Pyongyang effectue très prochainement un sixième essai nucléaire.

©EPA

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