Bloomberg ne briguera pas la Maison-Blanche

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Le milliardaire new-yorkais estime que ses chances de remporter les primaires démocrates sont trop maigres. Il craint par ailleurs que le parti se choisisse un(e) candidat(e) trop à gauche pour pouvoir battre Donald Trump en 2020.

Après avoir passé des mois à tâter le terrain, le milliardaire new-yorkais Michael Bloomberg a finalement annoncé mardi qu’il ne briguerait pas l’investiture démocrate en vue de la présidentielle de 2020. À 77 ans, ce modéré qui a changé d’affiliation politique à plusieurs reprises (il est redevenu démocrate en 2018), laisse sans doute passer la dernière occasion qui se présentait à lui de tenter de décrocher la Maison-Blanche, un rêve dont il ne s’est jamais caché.

Bloomberg avait pourtant déjà investi gros dans l’aventure, en argent et en temps. Il s’était même entouré de conseillers qui avaient travaillé pour l’ancien président Obama et la candidate malheureuse à la présidentielle de 2016, Hillary Clinton. Mais tout ce petit monde était arrivé à la conclusion que Bloomberg ne passerait sans doute pas le cap des primaires, même s’il était convaincu que ses chances de battre Donald Trump étaient réelles.

En attendant Biden…

Le terrain est en effet déjà bien occupé avec une quinzaine de candidats démocrates déclarés alors que les primaires ne débuteront, en principe, qu’en février 2020. Mais Bloomberg craignait surtout que Joe Biden, qui pourrait annoncer sa candidature dans les prochaines semaines, ne lui fasse trop d’ombre. En jetant l’éponge à ce stade-ci, Bloomberg laisse le champ libre à l’ancien vice-président et lui met un petit coup de pression par la même occasion.

"Nous ne pouvons pas laisser le processus des primaires entraîner le parti vers des extrêmes qui diminueraient nos chances."
Michael Bloomberg
Ex-maire de new york

Mais Biden n’est pas le seul facteur à avoir influencé la décision de Bloomberg. Ce dernier craignait également que le virage à gauche opéré par le Parti démocrate ces dernières années ne le mette hors jeu avec son profil d’homme d’affaires fortuné et son passé de maire ultra-sécuritaire. Même s’il a dépensé plus de 110 millions de dollars à faire élire des candidats démocrates aux élections de mi-mandat de novembre 2018, Bloomberg est en effet l’archétype du politicien pragmatique, capable de franchir les barrières partisanes, que méprise la nouvelle génération de démocrates et les poids lourds de l’aile gauche du parti comme Bernie Sanders et Elizabeth, tous deux candidats à l’investiture démocrate.

Attention aux extrêmes

Ce problème de profil trop centriste à une époque où les extrêmes occupent une place toujours plus importante dans le paysage politique, Biden le rencontrera sans doute aussi s’il se présente. Pour Bloomberg, le risque est d’ailleurs bien réel que le parti ne finisse par sélectionner un(e) candidat(e) qui n’aura aucune chance de convaincre l’électorat indépendant ou qui pourrait même dissuader les démocrates modérés de se rendre aux urnes. "Nous ne pouvons pas laisser le processus des primaires entraîner le parti vers des extrêmes qui diminueraient nos chances (de battre Trump en 2020)", a-t-il mis en garde.

Mais le New-Yorkais n’a pas dit son dernier mot. Il s’est engagé à poursuivre le combat qu’il mène depuis plusieurs années en faveur d’un contrôle accru des armes à feu et sur les questions climatiques. Il devrait d’ailleurs bientôt dévoiler un programme baptisé "Beyond Carbon" visant à rayer les énergies fossiles du paysage énergétique américain d’ici 2050 et qui sera la prolongation de sa croisade contre les centrales à charbon. Il se dit aussi qu’il pourrait dépenser plusieurs centaines de millions de dollars pour soutenir les démocrates aux élections de 2020, au Congrès et au niveau local en plus de la présidentielle.

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