analyse

Cent jours sur les chapeaux de roues pour Biden

Préparatifs pour la cérémonie d'investiture de Joe Biden qui se tiendra mercredi au Capitole. ©EPA

Entre ordres exécutifs en cascade et propositions de lois, le président élu prévoit un début de mandat rythmé qui doit marquer une rupture nette avec son prédécesseur.

Le 46e président des États-Unis prévoit un début de mandat au pas de charge pour sortir l’Amérique des rails du trumpisme. Sur la forme, on peut s’attendre à ce qu’il arbore une "stature présidentielle", dans le sens traditionnel du terme: qu'il se concentre dans sa communication sur les grands enjeux et se tienne à l'écart des joutes politiciennes quotidiennes sur Twitter. À ce qu’il choisisse aussi un autre stylo pour signer ses décrets que l'épais feutre à alcool noir qui aura fait la marque de fabrique du président sortant dès son premier jour.

«C'est un des défis opérationnels les plus difficiles et les plus coûteux dans l’histoire [des États-Unis].»
Joe Biden
Président élu des États-Unis d'Amérique

Qu’importe la plume, Joe Biden entend marquer son entrée à la Maison-Blanche de sa signature: ses premiers jours seront l’occasion d’un "blitz" d’ordres exécutifs, indique la presse américaine. Dès les dix premiers jours de son mandat, il entend annuler l’interdiction de voyager aux États-Unis imposée aux ressortissants de pays musulmans; rejoindre l’accord de Paris sur le climat ou encore contraindre le port du masque, selon un mémo diffusé dimanche par son chef de cabinet, Ron Klain.

Vacciner à tours de bras

Mais la "priorité absolue" de son début de mandat, c’est la vaccination contre le Covid-19. Début décembre, il a promis de vacciner "au moins 100 millions d'Américains" dans ses 100 premiers jours. C’est, selon ses mots, "un des défis opérationnels les plus difficiles et les plus coûteux dans l’histoire" des États-Unis. Une opération dont le succès ou l’échec sera directement versé au bilan de sa présidence.

1.400
dollars
Le plan de Joe Biden prévoit des chèques de relance pour les Américains pouvant aller jusqu'à 1.400 dollars, afin de doper le pouvoir d’achat.

Avec Biden, la lutte contre la pandémie passe aussi sans équivoque par le port du masque qui sera rendu obligatoire partout où il a le pouvoir de le faire directement par ordres exécutifs: au sein des bâtiments fédéraux et dans les transports collectifs entre les États. Le démocrate entend aussi remettre les enfants à l'école durant cette période – il prévoit dans son plan de relance 130 milliards de dollars pour favoriser la réouverture sécurisée des établissements, et entend "que la majorité des écoles" soient rouvertes pour la fin de ses cent jours.

Stimuler l'économie

Joe Biden doit déposer son plan de relance de 1.900 milliards de dollars le mois prochain, lors d’une adresse au Congrès, et entend demander au législateur de l’adopter avant son 100e jour de présidence. Le paquet comporte des chèques de relance pour les Américains pouvant aller jusqu'à 1.400 dollars. Pour doper le pouvoir d’achat, le nouveau tandem présidentiel entend aussi augmenter rapidement le salaire minimum, de 7,25 dollars à 15 dollars. Ou encore prolonger les droits aux allocations de chômage. Il a par ailleurs annoncé qu’il proposerait rapidement de relever l’impôt sur le revenu des entreprises à 28% (Donald Trump l'avait descendu à 21%).

Ambition climatique

Joe Biden a promis de signer dès le premier jour de son mandat le retour des États-Unis dans le concert climatique des nations. Le pays a formellement quitté l’accord de Paris le 4 novembre, il devrait formellement le réintégrer en février. Le président-élu entend aussi "prendre directement contact avec les dirigeants des principales nations émettrices de gaz à effet de serre au monde pour les persuader de se joindre aux États-Unis dans l'annonce d'engagements nationaux ambitieux".

Le plan Biden prévoit de mettre en place une commission nationale de contrôle de la police pour répondre au mouvement d'indignation Black Lives Matter.

Il prévoit aussi le rétablissement de dizaines de normes environnementales levées par l’administration sortante, ou encore mettre à l’arrêt la construction de l'oléoduc Keystone XL, relancée par Trump.

Ouverture migratoire

Le démocrate va aussi marquer un revirement de la politique migratoire des États-Unis. L’une de ses premières actions sera la de créer un groupe de travail pour réunir les centaines d’enfants séparés de force de leur famille à la frontière mexicaine depuis l’été 2018 – on comptait 628 parents manquants en décembre. Il va envoyer une proposition au Congrès pour fournir un parcours vers la citoyenneté à 11 millions de personnes sans papier. Et il compte annuler l’interdiction de voyages que Donald Trump avait fait tomber sur sept pays à majorité musulmane.

Sur le plan international, il va rapidement devoir plancher sur la reconduction du traité sur le désarmement nucléaire «New Start» avec la Russie – il expire le 5 février –, ainsi que sur le traité sur le nucléaire iranien. Entre autres mesures il prévoit, toujours dans ses trois premiers mois de présidence, de mettre en place une commission nationale de contrôle de la police pour répondre au mouvement d'indignation Black Lives Matter, ou encore de proposer une «loi égalité» pour étendre la protection des personnes LGBT.

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