Certains républicains pourraient défier Trump à la présidentielle de 2020

©AFP

Un ancien gouverneur du Massachusetts a fait un premier pas vers une candidature à l’investiture républicaine en vue de la présidentielle de 2020. Mais d’autres pourraient suivre au grand dam de Donald Trump et du parti.

Une bonne dizaine de candidats démocrates ont déjà annoncé leur intention de briguer la Maison-Blanche en 2020, le dernier à s’être déclaré étant le sénateur indépendant du Vermont, Bernie Sanders. Du côté républicain, Donald Trump l’a dit et répété, il veut rempiler. Mais que se passerait-il si d’autres républicains voulaient tenter leur chance? Un tel scénario est-il même envisageable? Au moins un républicain y pense sérieusement, en tout cas. C’est passé relativement inaperçu mais le 15 février dernier, William Weld, un ancien gouverneur républicain du Massachusetts, a annoncé qu’il créait un comité exploratoire, ce qui est un premier pas vers une candidature officielle. Pour lui, Trump "est tout simplement trop instable pour remplir les plus hautes fonctions exécutives du pays".

D’autres républicains pourraient sortir du bois, comme le sénateur Mitt Romney, candidat malheureux à la présidentielle de 2012 face à Barack Obama, qui écrivait début janvier dans le Washington Post que le comportement de Trump "au cours des deux dernières années (…) démontre que le Président n’est pas à la hauteur de la fonction". Une critique qui lui avait valu une volée de bois vert au sein du parti.

Nikki Haley ©REUTERS

Parmi les autres noms avancés dans le camp républicain, celui de Nikki Haley, l’ancienne gouverneure de Caroline du Nord dont la démission surprise du poste d’ambassadeur auprès de l’Onu en octobre dernier avait alimenté les rumeurs quant à ses ambitions présidentielles. Depuis, elle entretient le mystère au sujet de ses intentions. D’autres sont moins subtils. Le gouverneur de l’Ohio, John Kasich, candidat malheureux à l’investiture du parti en 2000 et 2016, a déjà déclaré qu’il envisageait "très sérieusement" se présenter. Quant à Larry Hogan, le gouverneur du Maryland à qui d’aucuns prêtent des visées présidentielles, il s’indignait jeudi des efforts déployés par le parti républicain pour s’assurer que ce sera bien Trump qui défendra à nouveau ses couleurs en 2020.

Le parti soutient Trump…

Plusieurs éléments donnent effectivement à penser que le parti veut à tout prix éviter que Trump ait à passer par la case des primaires. Il faut dire que c’est un scénario qui s’avère généralement désastreux pour les Présidents candidats à un second mandat. Le démocrate Jimmy Carter et le républicain George H. W. Bush avaient tous deux perdu la présidentielle après avoir dû surmonter un challenge en interne.

Dans certains États, les républicains pourraient même décider de ne pas organiser de primaires afin de couper l’herbe sous les pieds de ceux qui oseraient défier Trump.

Fin janvier, le comité national républicain, l’organe dirigeant le parti à l’éléphant, a adopté une résolution dans laquelle il apporte son "soutien entier au président Trump". Il travaille déjà de concert avec la campagne Trump dont le bras financier pourrait fusionner avec celui du parti. Dans certains États, les républicains pourraient même décider de ne pas organiser de primaires afin de couper l’herbe sous les pieds de ceux qui oseraient défier Trump. Les républicains de Caroline du sud y pensent sérieusement. Mais ceux de l’Iowa et du New Hampshire, les deux États qui ouvrent traditionnellement le bal des primaires, ont exclu de passer leur tour en 2020, de peur de perdre une place dans le calendrier électoral que beaucoup leur envient.

… mais gare aux couacs

À ce stade, le Président est soutenu par 89% des électeurs républicains, selon un sondage Gallup publié au début du mois. Un autre sondage, réalisé fin janvier par la Monmouth University, montre qu’il battrait à plates coutures un modéré comme Kasich (par 73% des voix contre 14%) et un conservateur dans la veine du sénateur Ted Cruz (66% contre 21%).

Il n’est cependant pas à l’abri d’un gros couac, que ce soit parce qu’il aurait défendu une politique trop libérale, suite à des révélations embarrassantes (notamment dans le cadre de l’enquête sur le Russiagate) ou parce que l’économie américaine se serait effondrée. Et c’est peut-être bien ce couac qu’attendent des Romney, Kasich ou Haley bien conscients des risques politiques qu’ils prendraient en briguant l’investiture républicaine. Aucun candidat ayant défié un Président du même parti que lui ne l’a jamais emporté, en effet. Et en général, il sort politiquement affaibli de l’aventure. À l’exception d’un certain Ronald Reagan qui avait perdu les primaires républicains face au président Gerald Ford en 1976 et remporté la présidentielle face à Carter en 1980.

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