Ciblé de toutes parts, Bloomberg ne convainc pas

Mike Bloomberg a fait sa première apparition lors d'un débat des primaires démocrates. Ses adversaires ne l'ont pas épargné.

Critiqué pour sa fortune et sommé d'expliquer des pans embarrassants de son passé, le milliardaire prétendant à la Maison-Blanche Michael Bloomberg a peiné à répondre, mercredi, à un barrage d'attaques virulentes lors d'un débat démocrate au ton acrimonieux.

Avec plusieurs rivaux qui jouaient leur survie dans la course à l'investiture démocrate, ce débat à six candidats – le premier auquel participait Bloomberg – a pris une intensité rare à Las Vegas, dans le Nevada, où sera organisé samedi le troisième vote des primaires démocrates.

Elizabeth Warren à l'offensive

En perte de vitesse, Elizabeth Warren est clairement passée à l'offensive, éreintant non seulement le milliardaire mais aussi deux candidats modérés qui ont le vent en poupe et menacent sa candidature: l'ex-maire de South Bend Pete Buttigieg et la sénatrice Amy Klobuchar.

"J'aimerais parler de notre adversaire. Un milliardaire qui traite les femmes de grosses nanas et de lesbiennes à tête de cheval. Et non je ne parle pas de Donald Trump. Je parle de Michael Bloomberg", a notamment lancé la sénatrice progressiste. Elle l'a dans la foulée accusé d'avoir "soutenu des politiques racistes", en référence notamment aux interpellations et fouilles arbitraires ("stop-and-frisk"), accusées d'avoir suscité une explosion des contrôles au faciès à New York lorsqu'il était maire de la ville.

Après ses excellents scores dans l'Iowa et le New Hampshire, Pete Buttigieg a tenté, quant à lui, de se présenter, à 38 ans, comme alternative à deux figures "qui divisent": MM. Sanders et Bloomberg.

Qui peut battre Donald Trump? Et qui peut faire le travail s'il arrive à la Maison-Blanche? Je suis le candidat qui peut faire ces deux choses.
Mike Bloomberg

Michael Bloomberg sur la défensive

Michael Bloomberg a également dû se justifier sur des accusations de sexisme émanant d'ex-employées. Face à ces attaques reprises par d'autres sur le plateau, il a cherché à se présenter en démocrate le plus apte à gagner la présidentielle du 3 novembre. "Qui peut battre Donald Trump? Et qui peut faire le travail s'il arrive à la Maison-Blanche? Je dirais que je suis le candidat qui peut faire ces deux choses", a affirmé Michael Bloomberg, 78 ans.

Mike Bloomberg accusé de sexisme

"Les démocrates prennent un énorme risque si on ne fait que remplacer un milliardaire arrogant par un autre", a au contraire lancé Elizabeth Warren, 70 ans. N'ayant pas disputé de débat depuis plus d'une décennie, l'ancien maire de New York a parfois semblé en retrait, balbutiant, passant d'un ton hésitant à des accents plus fermes. Il s'est présenté en ancien élu capable de gouverner et en généreux philanthrope. Il est apparu trop ferme, parfois, au goût du public.

 

Sans s'être encore présenté à une seule primaire, Mike Bloomberg a grimpé jusqu'à la troisième place des sondages nationaux. Ce qui pousse ces rivaux à l'accuser d'avoir "acheté" sa place dans la campagne présidentielle. "Mike Bloomberg possède une plus grande fortune que les 125 millions d'Américains" les moins riches, a dénoncé M. Sanders, 78 ans. "C'est immoral". "J'ai gagné beaucoup d'argent et je donnerai tout pour améliorer ce pays", a rétorqué le milliardaire.

Il s'est aussi fait épinglé par ses rivaux pour n'avoir pas encore publié ses déclarations d'impôts. Bloomberg a tenté de justifier son retard par l'ampleur de la tâche.

Joe Biden sous pression

Fort d'excellents résultats dans les deux premiers États qui ont voté – l'Iowa et le New Hampshire – Bernie Sanders a désormais largement détrôné l'ancien vice-président modéré Joe Biden du sommet des sondages pour l'investiture démocrate. Ce dernier doit absolument faire un bon résultat samedi dans le Nevada pour rester en selle. Sous pression, il a offert mercredi une bonne performance lors du débat, mais sans faire d'étincelles.

Le pari de Bloomberg

Neuvième homme le plus riche du monde en 2019 selon Forbes, avec quelque 60 milliards de dollars, Michael Bloomberg se présente en candidat capable de rassembler au centre. Entré très tard en campagne, en novembre, le patron de l'agence de presse Bloomberg finance sa candidature à coup de centaines de millions de dollars tirés de ses fonds personnels.

Ancien républicain devenu indépendant avant de passer démocrate, il souligne son engagement pour la lutte contre le changement climatique, contre les violences par armes à feu et ses propositions censées aider les minorités. 

Il a opté pour une stratégie rarissime dans l'histoire des primaires américaines: faire l'impasse sur les quatre premiers Etats qui votent en février. Il n'entrera donc dans la course que lors du "Super Tuesday" du 3 mars, lorsque 14 autres Etats voteront.

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