Derrière les tweets racistes de Trump, une stratégie

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Les quatre élues démocrates attaquées par Donald Trump, qui leur a écrit de "rentrer" chez elles, ripostent. Selon elles, le président tente de créer des divisions et de détourner l'attention. Une stratégie qui s'inscrit déjà dans le cadre de la présidentielle de 2020.

Elles s'appellent Alexandria Ocasio-Cortez, Ilhan Omar, Ayanna Pressley et Rashida Tlaib. Elles sont démocrates et membres de la Chambre des représentants. Dimanche, par tweets, le président américain leur avait conseillé de "retourner" dans leur pays d'origine. Lundi, il les a accusées de "haïr" l'Amérique. 

Si vous n'êtes pas contentes aux Etats-Unis, si vous vous plaignez tout le temps, très simple: vous pouvez partir.
Donald Trump
Président américain

Les violentes attaques de Donald Trump contre ces élues issues de minorités ont suscité des réactions indignées, jusque dans le camp républicain. Ainsi, la sénatrice du Maine Susan Collins a appelé le président milliardaire à revenir sur ses propos. "Le tweet du président dans lequel il disait que des élues du Congrès devraient retourner 'd'où elles viennent' était totalement déplacé et devrait être retiré." Le sénateur noir républicain de Caroline du Sud Tim Scott a dénoncé des propos à "connotation raciste (...) inacceptables". Mike Turner, élu de l'Ohio, a appelé le président à "s'excuser" pour ces tweets "racistes". Mitt Romney, ancien candidat du "Grand Old Party" à la Maison Blanche, a qualifié les propos du président de "destructeurs et dégradants".

Les esprits et les dirigeants faibles mettent en doute notre loyauté à notre pays dans le but d'éviter de remettre en cause et de débattre des politiques.
Alexandria Ocasio-Cortez
Elue démocrate de New York

©REUTERS

Les quatre femmes visées ont organisé une conférence de presse. "On ne nous fera pas taire", a affirmé l'élue noire Ayanna Pressley, tout en appelant les Américains à "ne pas mordre à l'hameçon" et se laisser prendre par cette surenchère visant d'abord, selon elle, à détourner l'attention des problèmes touchant la population. Rashida Tlaib et Ilhan Omar ont de nouveau appelé à une procédure de destitution ("impeachment") de Trump.

Quelle est la stratégie de Trump?

"Est-ce que cela vous dérange que nombre de gens trouvent vos tweets racistes?", a demandé un journaliste à Donald Trump. "Cela ne me dérange pas car beaucoup de gens sont d'accord avec moi", a-t-il répondu.

Alors que la présidentielle aura lieu en novembre 2020, le milliardaire fourbit ses armes.

• Il attise les tensions raciales pour chauffer sa base électorale, très majoritairement blanche.

• Il alimente ainsi les divisions chez ses adversaires politiques. Il faut savoir qu'Ilhan Omar et Rashida Tlaib, les deux premières femmes musulmanes élues au Congrès, sont régulièrement accusées d'antisémitisme. Les quatre femmes qui sont visées dans ses messages se situent sur l'aile gauche du parti démocrate. Elles sont souvent en désaccord avec Nancy Pelosi, ce qui donne l'image d'un parti peu unifié. Trump en profite pour déstabiliser plus encore ses adversaires.  

• Il force les démocrates à se positionner. Un ancien conseiller de Barack Obama a donné cette analyse: "Avec cette sortie délibérément raciste, Donald Trump cherche à rendre les personnes ciblées plus visibles, à pousser les démocrates à les défendre et à en faire des emblèmes du parti tout entier", a estimé David Axelrod. "C'est un calcul froid et cynique."

Donald Trump semble assez d'accord: il a ainsi tweeté que les démocrates avaient essayé de prendre leurs distances avec les quatre élues, mais étaient "désormais contraints de les défendre". "Cela signifie qu'ils soutiennent le socialisme, la haine d'Israël et des Etats-Unis!", a-t-il conclu. Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, a de fait appelé les élus à soutenir une motion devant la Chambre condamnant ces tweets.

 

• Il dicte les sujets dont va parler la presse, comme toujours. Campagne facile... 


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