Publicité
Publicité

Des millions de locataires menacés d'expulsion aux États-Unis

Pas moins de 3,6 millions de locataires estiment qu'ils risquent de se faire expulser dans les deux mois, selon une enquête. ©REUTERS

Aux États-Unis, l'interdiction de procéder à des expulsions locatives pour loyer impayé a expiré samedi. Des millions de locataires américains risquent de se retrouver rapidement sans logement.

Des millions de locataires américains sont dans l'angoisse. Ils risquent d'être expulsés de leur logement par leur propriétaire pour cause de loyer impayé.

Une trêve sur les expulsions pour les manquements aux loyers avait été décidée il y a un an, à cause du coronavirus. Elle avait été reconduite plusieurs fois. Cette fois, ce n'est plus le cas: elle a expiré samedi, alors que le variant Delta pousse les contaminations dues au Covid-19 à la hausse.

10
millions
Dix millions de personnes aux États-Unis sont en retard sur le paiement de leur loyer.

Pourquoi ce moratoire n'a-t-il pas été à nouveau prolongé? La raison principale semble être une incroyable cacophonie politique. Les Démocrates s'en prennent aux Républicains, qui reprochent au Président Joe Biden son manque d'anticipation, alors que la Maison-Blanche pointe la responsabilité de la Cour suprême.

À qui la faute?

La Maison-Blanche oppose que les autorités sanitaires ne pouvaient plus, pour des raisons juridiques, prolonger encore ce moratoire: la Cour suprême avait en effet estimé en juin que toute prolongation supplémentaire devait être décidée par le Congrès.

La Maison-Blanche a donc exhorté les élus à légiférer en urgence. Ils n'y sont pas arrivés, plusieurs Démocrates étant déjà partis en congé. Et la pause estivale est arrivée, pour durer jusqu'à la fin août. La présidente démocrate de la Chambre, Nancy Pelosi, et d'autres leaders démocrates ont appelé le Président Joe Biden à prolonger le moratoire: dans un communiqué, ils invoquent un "impératif moral" pour empêcher les gens de se retrouver à la rue.

Aide financière, moratoires locaux...

46
milliards de dollars
Une enveloppe de 46 milliards de dollars est prévue pour suppléer aux loyers impayés, mais cet argent peine à arriver sur les comptes des personnes concernées.

Y a-t-il d'autres solutions? Certains Démocrates réfléchissent à une manière de faire parvenir rapidement aux locataires et propriétaires l'argent prévu pour ces problèmes de loyers. Une enveloppe de 46 milliards de dollars avait en effet été promise il y a plusieurs mois. Mais l'argent peine à arriver sur les comptes des locataires et propriétaires. Il semble freiné par la bureaucratie. Et les personnes concernées ne savent pas toujours que ce programme existe...

Certains élus démocrates demandent, eux, le retour à Washington des membres de la Chambre des représentants afin de quand même régler la question au Parlement.

Quelques États, comme la Californie, ont adopté leur propre moratoire courant sur août et septembre afin justement d'empêcher les expulsions.

Plusieurs millions de locataires concernés

Le redémarrage de l'économie américaine fait gonfler les loyers: entre juin 2020 et juin 2021 le loyer médian aux États-Unis a grimpé de 8,1%, selon le site immobilier Realtor. Plus de 10 millions de personnes aux États-Unis sont en retard sur le paiement de leur loyer, selon l'institut de recherche indépendant CBPP. Et environ 3,6 millions de locataires estiment qu'ils risquent de se faire expulser dans les deux mois, selon le Bureau des statistiques qui a réalisé une étude début juillet, auprès de 51 millions de locataires.

"Nous voulons que la Chambre des représentants se réunisse, le Sénat peut intervenir aussi, le Président pourrait prendre un décret, il faut faire tout ce qui est possible."
Jamaal Bowman
Élu démocrate de New York à la Chambre

"Nous voulons que la Chambre des représentants se réunisse, le Sénat peut intervenir aussi, le Président pourrait prendre un décret, il faut faire tout ce qui est possible", avait déclaré à l'AFP Jamaal Bowman, élu de New York à la Chambre. "Expulser des gens ou rendre leur expulsion possible, en temps de pandémie, est inhumain." Il a pointé les choix politiques de ses collègues: "Nous autres parlementaires, nous sommes prompts à défendre Wall Street, à défendre les grandes entreprises, à prendre des décisions qui permettent à Jeff Bezos et Richard Branson d'aller dans l'espace."

Le résumé

  • Le moratoire sur les expulsions de locataires suite à un loyer non payé a expiré samedi.
  • La Chambre n'a pas réussi à reconduire ce moratoire avant la trêve estivale.
  • Des millions de locataires pourraient se retrouver rapidement à la rue si une solution n'est pas trouvée.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés