Destituer Trump? Les Démocrates hésitent encore

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Les démocrates américains restent divisés sur les risques politiques d'une procédure de destitution du président Donald Trump pour entrave à la justice, un délit qu'ils estiment prouvé par le rapport du procureur spécial Robert Mueller.

La possibilité de lancer une procédure de destitution à l'encontre de Donald Trump sur la base du rapport de Robert Mueller sur son "enquête russe" reste sur la table, ont déclaré dimanche deux ténors du Parti démocrate au Congrès. "C'est une décision très difficile", a dit le démocrate Adam Schiff, chef de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, la chambre basse du Congrès que les démocrates contrôlent depuis janvier.

C'est là que la procédure d'"impeachment" commence, selon la Constitution: ces élus peuvent voter une mise en accusation, auquel cas il reviendrait au Sénat de juger le président afin de le destituer ou l'acquitter. Mais le Sénat est à majorité républicaine...

"Il est certain qu'une destitution échouerait si le parti républicain continuait à faire passer le parti avant le pays et à soutenir le président quels que soient ses manquements éthiques et sa malhonnêteté"
Adam Schiff
chef de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants

La dernière procédure en destitution de l'histoire américaine a été lancée en décembre 1998 contre le président démocrate Bill Clinton pour parjure et obstruction à la justice. L'accusation visait ses affirmations sous serment quand il avait nié toute relation sexuelle avec Monica Lewinsky, stagiaire à la Maison blanche. La procédure avait été stoppée devant le Sénat et Clinton avait été innocenté.

Interroger Mueller?

A quoi bon plonger le pays dans une bataille perdue d'avance, à moins de deux ans de la prochaine élection présidentielle? s'interrogent de nombreux démocrates. A ce jour, la sénatrice Elizabeth Warren, candidate aux primaires présidentielles, a appelé au lancement de cette procédure, mais elle est isolée.

"L'entrave à la justice, si elle est prouvée, serait un motif de destitution", a reconnu Jerrold Nadler, président de la commission judiciaire de la Chambre des représentants. Mais l'élu démocrate a souligné qu'il faudrait d'abord vérifier si les éléments contenus dans l'"enquête russe" relèvent effectivement de l'obstruction au cours de la justice. Il a d'ores et déjà réclamé la version intégrale du rapport Mueller et souhaite entendre en commission le procureur spécial d'ici au 23 mai.

Les démocrates prendront la décision dans les prochaines semaines, selon Adam Schiff.

Adam Schiff ©AFP

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