Donald Trump a surjoué l'unité

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Dans son discours sur l’état de l’Union, exercice annuel et scruté par les télévisions du monde entier, Donald Trump, affaibli, a appelé à en finir avec les luttes partisanes. Mais le président américain est loin d’avoir convaincu.

Donald Trump commençait plutôt bien. Devant un Congrès composé de nombreuses élues habillées de blanc en hommage aux suffragettes, le président américain a joué la carte de l’unité. Sans doute pour inverser sa cote de popularité tombée à 37% selon Gallup. "Ni démocrate, ni républicain", a-t-il dit, mais un "programme pour le peuple américain".

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Ses quelques mots résonnent loin de son ton habituel, lui qui alimente habituellement les divisions entre les partis. Dans un contexte politique très tendu et délétère, quelques jours après la fin du plus long shutdown de l'histoire des Etats-Unis, le locataire de la Maison-Banche a voulu rassembler. Mais après cette introduction bi-partisane, Donald Trump a commencé à vanter les mérites de son administration et ses accomplissements, en opposition aux précédents gouvernements, comme la réforme des impôts ou encore l’annulation de nombreuses régulations. Des mesures pourtant largement critiquées par les élus démocrates au Congrès. 

Des fausses déclarations 

Donald Trump n’a pas pu s’empêcher de louer la bonne santé de l’économie américaine, se permettant quelques écarts avec la vérité. "Notre économie est la plus prospère au monde". Avec une croissance de 3,5% en moyenne au troisième trimestre de 2018, les Etats-Unis sont pourtant loin derrière la Chine ou l’Inde rappelle le "New York Times".

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Même chose quand le président américain s’est félicité du nombre de postes créés depuis son arrivée au pouvoir. "Nous avons créé 5,3 millions de jobs". Depuis janvier 2017, 4,9 millions de jobs ont en réalité été créés. 

Pas de recul sur l’immigration

Trente minutes après le début de son discours, Donald Trump s’est attaqué à son thème fétiche: l’immigration.

Pendant des semaines, élus démocrates et républicains se sont affrontés sur la promesse du président de construire un mur à la frontière mexicaine. "Les démocrates et les républicains doivent s’unir. Il est temps d’en finir avec l’immigration illégale", a-t-il déclaré avant d’ajouter "les murs fonctionnent et les murs sauvent des vies. Travaillons ensemble, trouvons un accord".

Difficile de voir ici se dessiner un compromis, car Donald Trump n’a pas choisi de s’éloigner de sa ligne dure. Et l’unité tant espérée au début du discours s’est progressivement éloignée: Donald Trump a repris sa rhétorique habituelle, parlant de "carnage", de "crise nationale urgente", et pointant du doigt les "caravanes" de migrants.

Retrouvez le discours de Donald Trump

Sommet Trump-Kim les 27 et 28 février 

Dans la deuxième partie de son discours, le président américain a enchaîné les thèmes sans réelle logique, passant d’une affirmation à l’autre sans prendre le temps de la transition.

Donald Trump a évidemment basculé sur le sujet de la guerre commerciale et des tarifs imposés à la Chine, après avoir parlé, de l’avortement, des prix des médicaments, du traité entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique ou encore de la défense. Il est également revenu sur sa critique traditionnelle des alliés de l’OTAN, qui ne participe pas assez, selon lui, aux efforts de l’alliance militaire.

Il a ensuite renouvelé son soutien à Juan Guaido, qui s’est autoproclamé président par intérim du Venezuela, après s’être félicité dans la gestion du dossier sur le nucléaire nord-coréen. Le président US a annoncé qu'il allait rencontrer son homologue nord-coréen Kim Jong-un pour un sommet de deux jours les 27 et 28 février au Vietnam.  "Si je n'avais pas été élu président des Etats-Unis, nous serions aujourd'hui, selon moi, au coeur d'un conflit majeur avec la Corée du Nord", a-t-il dit.

Réponse des démocrates 

C’était ensuite au tour de la partie adverse de répondre au discours du président. Un exercice généralement compliqué. Mais Stacey Abrams, ancienne élue de Géorgie et étoile montante du partie démocrate, a tout misé sur les thèmes oubliés par Donald Trump : elle n’a pas hésité à renvoyer le président au shutdown (qu’il a à peine évoqué), à parler du droit de vote et de racisme. Preuve, s’il en faut, que les deux partis sont loin d'être alignés et encore moins unifiés. 

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