Donald Trump choisit l'affrontement avec le Congrès

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La Maison-Blanche a informé le Congrès qu'elle refusait de coopérer à l'enquête en cours en vue d'une éventuelle procédure de destitution visant Donald Trump, estimant qu'elle n'avait pas de légitimité.

Donald Trump a choisi la guerre ouverte avec le Congrès: la Maison-Blanche a annoncé qu'elle refusait de coopérer à l'enquête en cours en vue d'une éventuelle procédure de destitution. Pourquoi? Les investigations menées par les élus démocrates de la Chambre des représentants sur l'affaire ukrainienne ne sont ni légitimes ni impartiales, dit le camp républicain.

Pourquoi une procédure de destitution?

Pour rappel, les démocrates veulent déterminer dans quelle mesure le président américain a fait pression sur son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky lors d'un échange téléphonique afin qu'il cherche des informations compromettantes sur son rival Joe Biden. Donald Trump estime lui que cet appel était "parfait". Empêcher le Congrès d'avancer dans son enquête pourrait constituer une entrave à la justice, rappellent-ils, soulignant que cela avait été l'un des trois motifs de destitution retenus à l'encontre du président Richard Nixon en 1974, avant sa démission.

La cheffe des démocrates au Congrès, Nancy Pelosi a dans la foulée dénoncé un refus qui n'est "que la dernière tentative" de la Maison Blanche "de camoufler sa trahison de notre démocratie". Ce n'est simplement qu'une "autre tentative de cacher les faits sur les efforts éhontés de l'administration Trump de faire pression sur des pouvoirs étrangers afin qu'ils interfèrent dans les élections de 2020", poursuit-elle.

Pat Cipollone, avocat de la présidence, avait envoyé quelques heures plus tôt un courrier à Nancy Pelosi: "Pour faire simple, vous essayez d'annuler les résultats de l'élection de 2016 et de priver les Américains du président qu'ils ont librement choisi." Il reproche l'absence de vote formel à la Chambre pour déclencher ce processus. "Dans ces circonstances, le président Trump et son administration ne peuvent participer à votre enquête partisane et anticonstitutionnelle", écrit-il dans cette lettre de huit pages.

"Un abus de pouvoir", a dénoncé Nancy Pelosi. ©AFP

Témoignage empêché

La lettre de l'avocat a été envoyée au Congrès quelques heures après l'annonce de la décision d'empêcher l'ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'Union européenne de témoigner devant les élus. Homme d'affaires ayant fait fortune dans le secteur hôtelier, il a contribué à financer la campagne et la cérémonie d'investiture de Donald Trump, dont il est devenu proche. Il a participé cette année à des échanges de SMS entre diplomates qui sont désormais au coeur de l'affaire ukrainienne.

J'adorerais envoyer l'ambassadeur (Gordon) Sondland, un homme très bien et un grand Américain, témoigner, mais malheureusement il témoignerait devant un tribunal bidon totalement partial".
Donal Trump
Président américain

C'est par un mystérieux lanceur d'alerte que toute l'affaire est remontée jusqu'au Congrès. Membre des services de renseignement, il avait jugé qu'avec cet appel, Trump avait "sollicité l'ingérence" de l'Ukraine dans la campagne pour sa réélection. N'ayant pas assisté à l'appel, il s'est basé sur les témoignages de personnes présentes, dont un responsable de la Maison Blanche "visiblement sous le choc", qui avait décrit un échange "fou" et "effrayant", d'après des extraits des premières notes du lanceur d'alerte, publiées par des médias américains mardi.

Signe de la contre-attaque républicaine, Lindsey Graham, un grand allié du président au Sénat, a annoncé mardi qu'il comptait inviter l'avocat personnel de Donald Trump, l'excentrique Rudy Giuliani, à témoigner sur des affaires présumées de "corruption" en Ukraine. Ainsi, les républicains comptent désormais donner une plateforme solennelle aux soupçons que l'avocat propage depuis des mois sur les Biden.

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