Donald Trump fait marche arrière et menace la Turquie

©Photo News

Donald Trump menace d'anéantir "complètement l'économie de la Turquie" si le président Erdogan lance l'offensive qu'il semble avoir prévue contre les forces kurdes de Syrie.

"Si la Turquie fait quoi que ce soit dont j'estime, dans ma grande et inégalable sagesse, que cela dépasse les bornes, je détruirai et anéantirai complètement l'économie de la Turquie", a tweeté le président des États-Unis.

Après avoir laissé le champ libre à une offensive turque contre les forces kurdes en Syrie, Donald Trump a fait marche arrière, dans la confusion et sous la pression internationale et de son propre camp, mettant la Turquie en garde contre tout excès.

Les responsables de son gouvernement se sont, de leur côté, employés à se démarquer de toute opération militaire d'Ankara et à minimiser le départ des soldats américains déployés près de la frontière turque: il ne s'agit que de 50 à 100 membres des forces spéciales qui sont "redéployés vers d'autres bases à l'intérieur de la Syrie", et en aucun cas d'un "retrait" généralisé.

Dans la foulée d'un coup de fil entre Donald Trump et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, la Maison-Blanche avait pourtant créé la surprise dimanche soir en annonçant le retrait des forces américaines stationnées dans cette région. Elle avait justifié cette décision par le fait que la Turquie s'apprêtait à mettre en oeuvre "son opération prévue de longue date" contre les miliciens kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), pourtant alliées de Washington dans la lutte antijihadistes. Et, renforçant le sentiment qu'Ankara avait reçu une forme de feu vert américain, le président Erdogan avait ensuite averti que son offensive pourrait désormais être lancée "sans prévenir".

Vives réactions

La vague de réprobation n'a pas tardé aux États-Unis, jusque dans le camp du président, qui, confronté à une procédure de destitution, a pourtant plus que jamais besoin du soutien des élus républicains. Le reste de la communauté internationale a aussi mis en garde contre les conséquences d'une offensive turque, à l'instar de l'ONU qui dit se "préparer au pire" en cas de nouvelle crise humanitaire en Syrie, où le conflit a fait, depuis 2011, des millions de déplacés et réfugiés et a coûté la vie à plus de 370.000 personnes.

Sur place, les Forces démocratiques syriennes (FDS), dont les YPG sont la principale composante, auraient creusé des tranchées et des tunnels dans ces zones ainsi que près de Kobané en prévision d'un assaut.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect