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Donald Trump fustige les "conneries" des démocrates

Donald Trump le 2 octobre lors d'un point presse à la Maison-Blanche. ©EPA

Menacé d’impeachment, le président américain continue de dénoncer une enquête partisane. Pendant ce temps-là, l’enquête avance.

"Monsieur le Président, vous avez ici une grande démocratie, faites en sorte que ça dure." En prononçant ces mots en conférence de presse à la Maison-Blanche mercredi après-midi, le président finlandais, Sauli Niinisto, voulait-il faire passer un message à Donald Trump? Après avoir comparé l’enquête pour impeachment contre lui à un "coup d’Etat" mardi, ce dernier a continué la surenchère verbale. Furieux, en des termes parfois décousus, le Président américain s’en est pris aux démocrates et à leur enquête "bidon".

Le milliardaire a personnellement attaqué le chef de la commission sur le renseignement de la Chambre des représentants, Adam Schiff, pour avoir paraphrasé le contenu de l’appel controversé du 25 juillet avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. Un acte de "trahison" selon Donald Trump qui répète que la conversation était "parfaite".

Il a également qualifié de "scandale" le fait qu’Adam Schiff et ses équipes aient obtenu un premier compte rendu des accusations du lanceur d’alerte avant qu’il ne formule son signalement par écrit, comme le rapporte le New York Times. "Il l’a probablement aidé à l’écrire", a raillé Donald Trump.

La Maison-Blanche devrait recevoir vendredi une injonction à livrer à la Chambre les documents relatifs au dossier ukrainien. Donald Trump se pliera-t-il à cette demande formelle? Il a affirmé mercredi qu’il "coopérait toujours", mais a accusé la speaker démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, de distribuer ces injonctions "comme des cookies". "Les démocrates bons à rien devraient se concentrer sur notre pays, plutôt que de faire perdre à tout le monde du temps et de l’énergie sur des CONNERIES", avait-il tweeté dans la matinée. Face à Donald Trump, Nancy Pelosi et Adam Schiff ne lâchent rien. Si la Maison-Blanche tente de bloquer l’enquête, alors les élus considéreront cela comme une tentative d’obstruction, ont-ils prévenu mercredi. "On ne plaisante pas avec cette enquête", a assuré Adam Schiff, qui s’est inquiété d’une possible tentative de la part de Mike Pompeo, le chef de la diplomatie américaine, de faire pression sur des témoins éventuels au sein de son ministère.

Opinion publique

L’inspecteur général du département d’Etat devait justement rencontrer, mercredi après-midi, des responsables de l’enquête pour impeachment. Cette rencontre, à sa demande, concerne un "problème urgent". Certains médias américains croient savoir que ce problème concerne des menaces de représailles contre des membres du département d’Etat qui voudraient coopérer avec les démocrates de la Chambre.

Mike Pompeo a admis mercredi matin qu’il était présent lors de la conversation téléphonique entre Donald Trump et le Président ukrainien. Cependant, il s’agissait d’un appel de routine, selon lui. Reste que sa présence fait désormais de lui un témoin direct dans cette enquête.

L’opinion publique, elle, se montre de plus en plus favorable à l’impeachment. Une étude de Politico/Morning Consult publiée mercredi montre que 46% des Américains souhaitent que le Congrès démarre la procédure, contre 43% s’y opposant. La semaine dernière, les partisans et les opposants étaient à égalité.

bernie sanders hospitalisé, il suspend sa campagne

Le sénateur Bernie Sanders, candidat à l’investiture démocrate pour la présidentielle américaine de 2020, a subi une intervention pour une artère bouchée suite à un malaise thoracique, et a suspendu sa campagne "jusqu’à nouvel ordre", a annoncé mercredi son équipe. "Lors d’un événement de campagne hier soir, le sénateur Sanders a ressenti une gêne thoracique. Lors d’examens médicaux, on lui a trouvé une artère bouchée et on a réussi à lui poser deux stents (extenseurs vasculaires, NDLR)", a annoncé dans un communiqué l’équipe de campagne du candidat de 78 ans, en déplacement à Las Vegas lors de son malaise.

Le sénateur très à gauche du Vermont, candidat malheureux à l’investiture face à Hillary Clinton en 2016, est le doyen des candidats démocrates qui espèrent chasser Donald Trump de la Maison- Blanche en novembre 2020.

Il s’est maintenu jusqu’ici dans le peloton de tête pour l’investiture démocrate, avec deux autres septuagénaires, l’ancien vice-président Joe Biden (76 ans) et la sénatrice du Massachusetts Elizabeth Warren (70 ans).

 

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