Donald Trump pourrait-il acheter le Groenland?

Le Groenland, grande île attachée au Danemark avec seulement 0,03 hab./km² ©David De Vleeschauwer

Le président américain évoque le rachat du Groenland. Intention sérieuse ou plaisanterie?

Personne n'a encore mis le Groenland en vente, mais voilà que Donald Trump se voit l'acheter. D'après le Wall Street Journal, le président des Etats-Unis se serait entretenu à plusieurs reprises avec ses conseillers pour étudier l'opportunité d'acheter le Groenland, actuellement possédé par le Danemark. Il l'avait également évoqué lors d'un dîner au printemps dernier, mais plutôt sur un ton léger.

Une île sérieusement intéressante 

Washington s'intéresse de longue date à l'importance géopolitique et aux réserves minérales de l'île couverte de glace et peuplée d'un peu moins de 60.000 habitants. En 1946, le président Harry Truman avait proposé au Danemark d'acheter le Groenland pour 100 millions de dollars. Par ailleurs, les États-Unis y possèdent déjà une base aérienne, à Thulé, leur site militaire le plus septentrional, en application d'un traité de défense datant de 1951.

L'île regorge de ressources naturelles, telles que les "terres rares", ces métaux précieux, utilisés notamment dans la fabrication de produits technologiques tels que les batteries de smartphone. Le Groenland prévoit leur exploitation prochaine, ce qui concurrencerait la Chine, qui en a le monopole pour l'instant. Intéressant pour le président Trump, dans le contexte actuel de la guerre commerciale.  

Le Danemark n'a pas envie de rire

"Cela doit être un poisson d'avril, totalement hors saison", a réagi sur Twitter l'ancien Premier ministre Lars Lokke Rasmussen. Interrogé par la station de radio DR, Soren Espersen, porte-parole pour les Affaires étrangères du Parti du peuple danois (anti-migrants), s'est inquiété lui pour la santé mentale du président des Etats-Unis. "S'il l'envisage vraiment, nous tenons la preuve ultime qu'il est devenu fou", a-t-il dit. Au gouvernement, la Première ministre Mette Frederiksen et son ministre des Affaires étrangères, Jeppe Kofod, n'ont fait aucun commentaire à ce stade.

"Nous sommes ouverts aux relations d'affaires, mais nous ne sommes pas à vendre", a pour sa part noté la ministre des Affaires étrangères du gouvernement autonome du Groenland, Ane Lone Bagger. Son pays est une province danoise depuis 1953. En 2008, suite à un référendum, il a commencé à jouir d'un statut d'autonomie renforcée, un pas vers une possible indépendance. Passer sous le contrôle américain ne semble pas s'inscrire dans l'état d'esprit des Groenlandais.

Peut-être que Donald Trump se voit devenir le nouveau William Seward, secrétaire d'État américain qui avait mené le rachat de l'Alaska en 1867 sous la conduite du président Andrew Johnson. Par ailleurs, les Etats-Unis avaient déjà fait des affaires avec le Danemark qui leur avait déjà vendu les îles Vierges en 1917 pour 25 millions de dollars. Le sujet du Groenland aura en tout cas l'occasion d'être abordé en personne, puisque le président américain vient en visite officielle au Danemark en septembre prochain.

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