Donald Trump s'attaque par décret à Twitter et Facebook

Au nom de la liberté d'expression, ou plutôt à titre de représailles, Donald Trump s'attaque aux réseaux sociaux. ©REUTERS

En colère contre Twitter, Donald Trump a signé un décret visant à limiter la protection des réseaux sociaux et la latitude dont ils bénéficient dans la modération de leurs contenus.

La liaison du président américain avec les réseaux sociaux est tumultueuse, on le sait, et ce jeudi, c'est le désamour qui a primé. Deux jours auparavant, Twitter avait accolé à des tweets de Trump à propos du vote par correspondance un avertissement incitant les utilisateurs du réseau à vérifier la véracité de ces affirmations.

Le milliardaire n'a pas supporté l'affront. Il vient de réagir en signant un décret présidentiel selon lequel les entreprises gérant les réseaux sociaux pourraient ne plus bénéficier de protection contre leur responsabilité sur des contenus écrits par des internautes. Et il a promis qu'il s'efforcerait de faire adopter une loi pour compléter ce texte.

"Quelles que soient les circonstances, ce n'est pas comme ça que les politiques publiques sont décidées", a réagi la Chambre de commerce des États-Unis. La méthode pose en effet question. "Un décret ne peut pas servir à changer la loi fédérale".

La polémique n'est pas terminée puisque, ce vendredi, Twitter a masqué un message de Donald Trump pouvant être considéré comme une incitation, pour les forces de l'ordre, à faire usage de leurs armes dans le cadre des affrontements à Minneapolis. 

Et ensuite, une loi?

Jugeant que Twitter et les autres réseaux sociaux sont "l'équivalent d'un monopole", le président a précisé qu'il avait donné instruction à son ministre de la Justice William Barr de coopérer avec les États du pays pour faire appliquer leurs propres lois contre ce qu'il a qualifié de "pratiques professionnelles déloyales".

L'objectif de la proposition de loi pourrait être de "supprimer ou de modifier" la section 230 d'une loi de 1996 – le Communications Decency Act – conçue à l'origine pour lutter contre la pornographie en ligne. Pour l'essentiel, cette loi a été invalidée par les tribunaux comme entrave à la liberté d'expression, mais cette Section 230 est restée en vigueur. En pratique, elle protège les sites web ou autres services diffusant des contenus de poursuites judiciaires liées à des contenus écrits par des internautes. Seul le Congrès peut la défaire.

Facebook est aussi visé

Mark Zuckerberg, patron de Facebook, a pris ses distances vis-à-vis de l'affaire, soulignant que, selon lui, les plateformes ne devraient pas se poser en "arbitre de la vérité sur tout ce que les gens disent en ligne". En réalité, Twitter et Facebook, visé aussi par le décret, ont des approches divergentes. Alors que le premier a procédé cette semaine à une vérification sans précédent des tweets présidentiels, Facebook, lui, préfère jouer le rôle de place publique. 

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