analyse

Donald Trump va bientôt connaître ses chefs d'accusation

©AFP

La speaker démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi a demandé jeudi la rédaction des articles d’impeachment contre le Président américain.

Qu’a annoncé Nancy Pelosi?

La speaker démocrate a affirmé jeudi que la Chambre des représentants allait démarrer la rédaction des articles d’impeachment (mise en accusation) contre Donald Trump. Il s’agit de chefs d’inculpation formels qui devront ensuite être soumis au vote avant d’être transmis au Sénat pour le procès du Président. S’il est ensuite jugé coupable par les sénateurs à majorité républicaine, alors sa punition sera la destitution.

Nancy Pelosi a fait cette annonce de manière solennelle. Si Donald Trump reste au pouvoir, cela sera un "danger pour notre République", a-t-elle insisté. "Ses méfaits frappent en plein cœur de notre Constitution", a-t-elle ajouté, assurant que "c’est notre démocratie qui est en jeu".

Qu’y aura-t-il dans ces articles?

Le Sénat étant aux mains des républicains, la destitution de Donald Trump reste peu probable.

Les auditions d’experts en droit constitutionnel, mercredi, nous donnent quelques indices. Les chefs d’accusation devraient très certainement comprendre l’abus de pouvoir. Le milliardaire serait donc accusé d’avoir abusé de sa fonction présidentielle pour réclamer un service personnel à un chef d’État étranger, ici le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Le chef d’obstruction au Congrès pourrait aussi être retenu. Il s’agit du fait d’avoir refusé de soumettre des documents mais aussi des témoignages utiles aux enquêteurs, voire d’avoir cherché à intimider des témoins.

Certains à Washington imaginent par ailleurs un possible chef d’obstruction à la justice en élargissant l’affaire à l’enquête russe du procureur spécial Robert Mueller. C’est ce que laissent penser certaines questions posées lors des auditions de mercredi par l’avocat au service des démocrates. Bien que Robert Mueller, qui a rendu son rapport en mars, n’ait pas inculpé Donald Trump pour obstruction, il avait estimé que les règles du ministère de la justice ne lui permettaient tout simplement pas de le faire. Il avait alors insinué qu’il laissait le soin à une autre branche du gouvernement, c’est-à-dire le Congrès, de décider de la suite.

Quel est le calendrier?

Objectif: voter l’impeachment avant Noël et éviter que l’affaire déborde sur les primaires démocrates. Certaines sources estiment que les articles pourraient être rédigés et mis au vote en commission dès la fin de la semaine prochaine. Le vote de la Chambre en plénière suivrait alors rapidement. Les démocrates sont confiants sur son issue: Donald Trump devrait bien être le troisième président de l’histoire des États-Unis, après Andrew Johnson et Bill Clinton, à être mis en accusation (impeached). Mais le Sénat étant aux mains des républicains, sa destitution reste cependant peu probable.

Comment réagit Donald Trump?

"Les démocrates radicaux qui ne font rien viennent juste d’annoncer qu’ils allaient chercher à me mettre en accusation pour RIEN", a tweeté Donald Trump jeudi. "Cela veut dire que l’impeachment, une action très importante à laquelle on a rarement recours, sera utilisé de manière routinière pour attaquer les futurs Présidents à l’avenir", a-t-il ajouté. Il avait auparavant pressé les démocrates d’aller "vite" afin d’avoir un "procès équitable au Sénat". Et insinué qu’il appellerait alors Joe Biden, favori des primaires démocrates, à la barre. L’ex-vice-Président est accusé par le camp Trump – sans preuve jusqu’ici – d’avoir protégé son fils Hunter, qui travaillait pour une compagnie gazière ukrainienne, en faisant limoger le procureur qui enquêtait sur l’entreprise. Si Joe Biden est entendu comme témoin au Sénat, le procès se transformera alors en plateforme de campagne inédite pour les deux candidats.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés