Emails d'Hillary Clinton: les républicains ne lâchent pas

Le directeur du FBI, James Comey devant le Congrès, défend ses recommandations de ne pas poursuivre Hillary Clinton dans l'affaires des emails de Clinton. ©EPA

Le directeur du FBI a été auditionné hier sous serment sur sa décision d'engager l'abandon des poursuites contre Hillary Clinton. Les républicains ne décolèrent pas. Le président de la Chambre voudrait interdire l'accès de la candidate démocrate aux données confidentielles.

La justice américaine avait tranché hier. La candidate démocrate à la Maison Blanche Hillary Clinton ne sera pas poursuivie pour avoir utilisé des serveurs et une messagerie d'emails privés quand elle dirigeait le département d'Etat.

Je pense qu'elle a été très imprudente, elle a été négligente. Ça, je peux le prouver. Ce que je ne peux pas établir, c'est qu'elle a agi avec des intentions criminelles...
James Comey
Directeur du FBI

L'audition de James Comey a duré 4 heures et 40 minutes sur la colline du Capitole. Convoqué en urgence par les Chambre des représentants, le chef de la police fédérale, s'est expliqué sur sa recommandation de ne pas engager de poursuites contre Hillary Clinton sur l'affaire des emails.

Lorsque le chef de la police fédérale annonçait mardi les résultats des investigations, très sensibles menées par ses services durant un an, il a dressé un sévère réquisitoire à l'encontre de l'ex-secrétaire d'Etat. James Comey lui reprochait d'avoir fait preuve d'une "négligence extrême" en installant un serveur privé au sous-sol de son domicile.

"Une chasse aux sorcières"

Madame Clinton a dit qu'elle avait envoyé tous ces emails au département d'Etat. Est-ce vrai ?
Trey Gowdy
Représentant républicain de Caroline du Sud

Si les élus démocrates ont tenté d'écourter cette audition, les républicains étaient très agressifs.

" Madame Clinton a dit qu'elle avait envoyé tous ces emails au département d'Etat. Est-ce vrai?", scandait le représentant de Caroline du Sud, Trey Gowdy. Mais l'inflexible chef policier a conservé son calme. " Non, nous avons trouvé des emails professionnels, des milliers, qui n'avaient pas été remis. ", affirme James Coney, sans dévier de sa ligne.

James Comey, un haut fonctionnaire ayant embrassé une carrière sous les administrations Bush, est un homme dont tout le monde, à droite comme à gauche, admire la bonne foi et le sang-froid. " Regardez-moi dans les yeux et écoutez ce que je dis: je n'ai coordonné mon rapport avec personne, ni la Maison Blanche, ni le ministère de la Justice. Personne en dehors du FBI ne savait ce que j'allais dire. J'ai témoigné sous serment, je n'ai rien à ajouter", insiste le directeur du FBI, en réponse à un élu qui l'a accusé d'avoir pris une décision politique. Poussé dans ses retranchements par plusieurs élus républicains, le chef du FBI s'est débattu pour balayer les soupçons sur une éventuelle indulgence vis-à-vis d'Hilary Clinton, ou de tout "arrangement illégal" comme le soutient Donald Trump.

"Deux poids, deux mesures"

©AFP

"Il existe une inquiétude légitime quant à un système de deux poids, deux mesures. Les gens se disent que s'ils ne portent pas le nom de Clinton et qu'ils ne font pas partie de la puissante élite, alors la Justice agira différemment à leur égard", s'inquiète l'élu républicain Jason Chaffetz. La direction de campagne de la candidate démocrate ne manquera pas de riposter dans un communiqué que l'audition de Comey avait "permis de tordre le cou aux théories conspirationnistes une bonne fois pour toutes".

Retour à la case départ

©Photo News

Pour une bonne partie de l'opinion publique américaine, Hillary Clinton a bénéficié d'une tolérance dans l'affaire des emails en raison de ses relations cultivées depuis le temps où son époux était à la Maison Blanche. Reste que le dossier n'est pas clos. Le Département d'Etat a annoncé hier soir la réouverture de son enquête interne, maintenant que le ministère de la Justice a achevé son propre travail. "Nous tenterons d'être aussi rapides que possible, mais nous n'imposerons pas d'échéance artificielle au processus", a précisé John Kirby, porte-parole du département d'Etat, dans un communiqué. "Notre objectif est d'être aussi transparents que possible concernant nos conclusions, tout en respectant nos diverses obligations légales". 



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