Et le douanier américain lui demanda: "êtes-vous sur Facebook?"

©AFP

Les voyageurs des pays exemptés de visa doivent déjà remplir le formulaire ESTA pour entrer aux Etats-Unis. Désormais, ils devront aussi montrer patte blanche sur les réseaux sociaux.

"Dis-moi quel est ton profil Facebook, je te dirai si tu peux entrer aux États-Unis!" Non, ce n'est pas de la fiction. En juin dernier, les services américains des frontières déposaient une proposition leur permettant, outre le recours aux empreintes digitales, d'entrer sur les réseaux sociaux des voyageurs. Proposition acceptée.

Désormais, tout étranger devant remplir le formulaire ESTA (une autorisation électronique de voyager aux États-Unis ), se voit confronté à une requête supplémentaire: la publication de ses identifiants sur les réseaux sociaux.

Intitulée "Informations des médias sociaux", la demande comprend un menu déroulant. Chaque réseau social y est répertorié: Facebook, Google+, Instagram, LinkedIn, Twitter, Youtube.

Pour l'heure la requête est facultative. Seul le nom d'utilisateur est demandé. De quoi laisser penser que seules les informations "publiées" seront accessibles à la douane.

Lors de sa demande, le département de la sécurité intérieure estimait que "la collecte de données sur les réseaux sociaux améliorera le processus existant d’enquête et donnera plus de visibilité sur une éventuelle activité nuisible et des connexions".

©Formulaire en ligne disponible sur www.estausa.com.

Et la vie privée?

Remplir le champ des réseaux sociaux est donc actuellement optionnel et les autorités américaines affirment que ne pas le remplir ne peut pas mener à une interdiction du territoire. Mais la mesure irrite.

Le magazine américain Politico rapporte que l'Internet Association, représentant les Google et autres Facebook, s'est associée à l'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU). Elles pointent le risque d'atteinte aux libertés d'expression et au respect de la vie privée.

Le Center for Democracy and Technology indique pour sa part s'inquiéter de l'arrivée dans les mains de l'Etat d'informations sensibles sur les opinions et les croyances des internautes.

Le département de la sécurité intérieure indique que le traitement des formulaires d’entrée et de sortie des États-Unis coûte annuellement quelque 291 millions de dollars par an.

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