Europe et États-Unis mettent le conflit Boeing-Airbus sous cloche

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États-Unis et Union européenne suspendent toute mesure de rétorsion pour cinq ans, le temps de trouver un terrain d'atterrissage à ce vieux dossier qui empoisonne leurs relations.

C'est un des plus anciens contentieux devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC): depuis dix-sept ans, États-Unis et Union européenne se reprochent les aides publiques respectives versées aux deux poids lourds de l'aéronautique, Airbus et Boeing. L'information a fuité depuis les bancs européens à l'ouverture du sommet UE-USA, mardi : "La réunion a commencé avec une percée sur les avions (…). Nous avons décidé conjointement de résoudre cette dispute. Aujourd'hui on a tenu promesse", selon un verbatim d'Ursula von der Leyen dévoilé par l'agence Reuters avant sa diffusion officielle.

"Nous avons décidé conjointement de résoudre cette dispute. Aujourd'hui on a tenu promesse."
Ursula von der Leyen
Présidente de la Commission européenne

L'affaire n'est pas encore enterrée, mais du moins la hache de guerre est-elle au fond du trou: les sanctions commerciales de part et d'autre sont suspendues pour les cinq prochaines années.

Taxes suspendues

En 2004, Washington avait introduit une plainte à l'OMC contre le soutien public à Airbus. L'année suivante, la Commission faisait de même à l'encontre de Boeing.

3,3
milliards de dollars
Les mesures de rétorsion introduites depuis octobre 2019 ont coûté aux entreprises américaines et européennes plus de 3,3 milliards de dollars.

En octobre 2019, l'administration Trump avait ouvert les sabords, infligeant aux exportations européennes (de vins notamment) des taxes d'une valeur de 7,5 milliards de dollars en rétorsion de ces aides d'États considérées comme illégales. L'année suivante, la Commission européenne ripostait, imposant de nouveaux droits sur 4 milliards de dollars de biens américains importés, touchant entre autres les spiritueux et la mélasse. Ces mesures auront coûté aux entreprises américaines et européennes plus de 3,3 milliards de dollars de taxes.

Jusqu'à ce que l'élection de Joe Biden change la donne. Dès le mois de mars, la nouvelle administration américaine avait convenu avec la Commission de suspendre ces taxes pour quatre mois - jusqu'au 11 juillet. En rallongeant le sursis de cinq ans, l'accord annoncé mardi pourrait laisser le temps à Bruxelles et Washington de trouver un terrain d'atterrissage définitif.

Pour ce faire, ils entendent créer un groupe de travail sur les grands avions civils. Ils s'engagent à "apporter du financement aux producteurs de grands avions civils aux termes du marché", ainsi que des fonds de recherche et développement via "un processus ouvert et transparent". Ils s'engagent enfin à ne pas fournir de financements à la R&D ou autres exemptions fiscales "qui nuiraient à l'autre partie".

Cet éclaircissement du ciel transatlantique était un impératif pour des partenaires qui cherchent à apaiser leurs relations et resserrer les rangs face à la montée en puissance de la Chine.

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