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Freiner Trump pour empêcher l'escalade avec l'Iran

"Ils ont le droit de tuer nos ressortissants (...) et nous n'avons pas le droit de toucher leurs sites culturels? Cela ne marche pas comme ça", a affirmé le président américain Donald Trump. ©Photo News

Donald Trump a menacé l'Iran de représailles majeures et l'Irak de sanctions. Le monde entier redoute une escalade. Les démocrates américains tentent de freiner leur président...

Empêcher le président américain de déclarer la guerre à l'Iran. C'est là une des priorités des démocrates, déjà furieux de ne pas avoir été informés avant la frappe qui a tué le puissant général iranien Qassem Soleimani dans la nuit de jeudi à vendredi.

Depuis l'avion présidentiel qui le ramenait à Washington après deux semaines de vacances en Floride, Donald Trump n'a rien fait pour apaiser les inquiétudes. Interrogé sur l'attitude de Téhéran, qui crie "vengeance" et promet une riposte "militaire", il a lancé: "S'ils font quoi que ce soit, il y aura des représailles majeures." Il a maintenu sa menace de détruire des sites culturels iraniens. "Ils ont le droit de tuer nos ressortissants (...) et nous n'avons pas le droit de toucher leurs sites culturels? Cela ne marche pas comme ça."

Les démocrates tentent de faire barrage

Donald Trump a balayé dimanche les critiques de ses opposants démocrates, affirmant qu'il n'avait pas besoin du feu vert du Congrès américain, même pour des représailles disproportionnées.

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a annoncé que la Chambre présenterait et voterait bientôt, cette semaine encore, une résolution sur les pouvoirs de guerre pour limiter les actions militaires de Donald Trump concernant l'Iran. Il s'agit de réaffirmer le rôle de surveillance du Congrès.

Mais Mike Pompeo, le secrétaire d'État, interrogé sur la possibilité que l'administration Trump demande l'autorisation du Congrès avant toute nouvelle opération militaire, a répondu: "Nous avons tous les pouvoirs nécessaires pour faire ce que nous avons fait à ce jour. Nous continuerons à agir dans le respect de la loi et de la Constitution."

52 sites historiques sélectionnés par Washington

Les États-Unis ont sélectionné 52 sites en Iran et les frapperont "très rapidement et très durement" si la République islamique attaque du personnel ou des sites américains, a averti le président américain.

Pourquoi 52 sites? 

Donald Trump a souligné que le chiffre de 52 sites iraniens correspondait de manière symbolique au nombre des Américains qui avaient été retenus en otages pendant plus d'un an à partir de la fin de 1979 à l'ambassade des États-Unis à Téhéran.

Quels sites?

Certains de ces sites iraniens "sont de très haut niveau et très importants pour l'Iran et pour la culture iranienne", a affirmé Trump. L'Iran compte une vingtaine de sites classés au patrimoine mondial par l'Unesco, dont l'ancienne ville de Bam ou le vieux bazar de Tabriz.

Un crime de guerre

En Iran bien sûr, mais aussi aux États-Unis et un peu partout sur la planète, les menaces de Trump suscitent un tollé. Viser des sites culturels constituerait un "crime de guerre", ont réagi non seulement le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif mais aussi, aux États- Unis, des experts juridiques, d'anciens diplomates et des membres de l'opposition démocrate

Selon Nicholas Burns, ambassadeur américain à l'Otan sous le président républicain George W. Bush, la menace de Donald Trump "est immorale et va à l'encontre des valeurs américaines". Aujourd'hui professeur à l'université de Harvard, il a rappelé que l'administration Trump avait soutenu une résolution destinée à empêcher le groupe Etat islamique de détruire des sites du patrimoine mondial, comme la cité antique de Palmyre, en Syrie



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