Joe Biden nomme ses premiers juges et mise sur la diversité

Le président américain Joe Biden a présente une liste de onze candidats, qui devront être confirmés par le Sénat. ©REUTERS

Le président américain Joe Biden a annoncé mardi ses premières nominations pour des postes de juges fédéraux, en rupture avec son prédécesseur Donald Trump.

Joe Biden l'avait annoncé, il a bien choisi la diversité pour ses onze premières nominations de juges fédéraux. Parmi sa première liste figurent neuf femmes, notamment trois afro-américaines pour des postes de cour d'appel, ainsi que quatre candidats d'origine asiatique.

La juge Ketanji Brown Jackson. ©BILL O'LEARY/THE WASHINGTON POST VIA GETTY IMAGES

La juge afro-américaine Ketanji Brown Jackson, 50 ans, est nommée à la cour d'appel de Washington, une instance réputée pour l'importance des dossiers qui y sont examinés. Si elle est confirmée par le Sénat, elle succédera à Merrick Garland, devenu ministre de la Justice.

Le nom de Ketanji Brown Jackson est par ailleurs régulièrement cité pour la Cour suprême. Si elle rejoignait, dans les années qui viennent, cette prestigieuse instance, elle deviendrait la première femme noire à y siéger.

La liste de Joe Biden comprend aussi Candace Jackson-Akiwumi, avocate plaidante à Washington, pour le 7ᵉ circuit à Chicago, ainsi que Tiffany Cunningham, avocate spécialisée dans la propriété intellectuelle à Chicago, pour un poste au circuit fédéral à Washington. Si leurs candidatures sont confirmées, elles seront les seules juges noires dans leurs tribunaux respectifs. La juge Lydia Griggsby, qui siège à la United States Court of Federal Claims, a également été nommée et serait la première femme afro-américaine à siéger au tribunal de district du Maryland.

Le Président a par ailleurs nommé Zahid Quraishi, 45 ans, qui deviendrait s'il était confirmé par le Sénat le premier juge fédéral musulman des États-Unis. D'origine pakistanaise, il a également été le premier musulman à occuper le poste de juge d'instance pour le district du New Jersey en 2019.

Nommés à vie

Ces nominations représentent "la large diversité d'origines, d'expériences et de perspectives qui fait la force de notre pays", a souligné Joe Biden dans un communiqué. "Cette liste pionnière de candidats est composée des meilleurs et des plus brillants esprits de la profession juridique américaine. Chacun d'entre eux est profondément qualifié et préparé à rendre la justice fidèlement en vertu de notre Constitution et de manière impartiale au peuple américain", a-t-il ajouté.

Durant son mandat, Donald Trump a nommé plus de 200 juges aux vues conservatrices dans les tribunaux fédéraux.

Les candidats proviennent également de divers horizons professionnels, notamment d'anciens procureurs, des juges en exercice et des avocats de grands cabinets. L'âge moyen des candidats choisis est de 48 ans, ce qui leur permettrait de servir pendant des décennies. Selon la Constitution américaine, le Président nomme en effet à vie les juges de la Cour suprême et les juges fédéraux, dans les tribunaux d'appel ou de première instance.

Ces nominations sont désormais une priorité, selon de hauts responsables de la Maison-Blanche. Ils tentent de pourvoir les postes vacants le plus rapidement possible, afin de répliquer aux critiques selon lesquelles le président Barack Obama avait agi trop lentement, mais aussi de rallier les démocrates à une cause commune, à l'instar des républicains dans le passé.

Durant son mandat, Donald Trump s'était ainsi montré particulièrement actif sur ce dossier qui galvanise depuis des décennies les électeurs conservateurs. Travaillant étroitement avec le leader républicain du Sénat Mitch McConnell, il avait nommé plus de 200 juges aux vues conservatrices dans les tribunaux fédéraux. À son arrivée au pouvoir, il a pu s'appuyer sur un Sénat dominé par les républicains qui, de 2014 à 2016, avait bloqué les candidats présentés par Barack Obama, si bien que 107 postes de juges étaient vacants.

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