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"Joe Biden transcende toutes les critiques au sein des démocrates"

Le président américain a livré face au Congrès un discours ambitieux, notamment en termes d'emploi. ©Photo News

Lors de son premier discours devant le Congrès, le président Joe Biden a confirmé la volonté réformatrice qui l'anime depuis 100 jours. Même les démocrates sont surpris.

"Ce soir, je suis venu parler de crise et d'opportunité. De la reconstruction de notre nation et de la revitalisation de notre démocratie." Le président américain Joe Biden s'est montré proactif, lors de son premier discours devant le Congrès, très clairsemé et masqué, près de 100 jours après avoir succédé à Donald Trump qui le qualifiait en son temps de "Sleepy Joe".

"Même les démocrates les plus progressistes sont impressionnés par sa politique!"
François van der Mensbrugghe
Professeur de droit américain (Saint-Louis, ULiège)

"Il a donné un discours ambitieux", commente François van der Mensbrugghe, profession de Droit américain à l'Université Saint Louis et à L'ULiège et qui est originaire des États-Unis. "Il transcende toutes les critiques au sein des démocrates. Même les plus progressistes sont impressionnés par sa politique!"

Engagement pour les ouvriers

Le locataire de la Maison-Blanche a bien sûr mis en avant son nouveau plan de dépenses et de crédits d'impôt qui, avec le projet de développement des infrastructures, monte le compteur à 4.000 milliards de dollars. "Après 100 jours, je peux le dire au pays: l'Amérique va de nouveau de l'avant", a-t-il lancé.

Le président a donc détaillé son "Projet pour les familles": 1.000 milliards de dollars d'investissements, en particulier dans l'éducation, et 800 milliards de réductions d'impôts pour la classe moyenne. Il s'est fortement focalisé sur l'emploi, prononçant plus de 40 fois le mot "job" et assurant que 90% des emplois concernés par le plan d'infrastructures ne nécessitaient pas de diplômes universitaires.

"Il est temps que les entreprises américaines et que les 1% d'Américains les plus riches commencent à payer leur juste part."
Joe Biden
Président américain

"Ni Obama ni Clinton n'ont montré un tel engagement en faveur des 'cols bleus'. Biden vise vraiment les ouvriers, avec sincérité puisque lui-même a des parents issus de ce milieu. C'est aussi une façon de diviser le camp des républicains, qui avaient pris la main sur cet électorat", remarque François van der Mensbrugghe, qui estime néanmoins que certains démocrates, parmi les plus nantis, pourraient "rechigner face aux hausses d'impôts. D'autres pourraient être échaudés par sa politique en matière de migration", qui vient de changer de cap il y a deux semaines avec le maintien du plafond historiquement bas de 15.000 réfugiés fixé par Donald Trump.

Tournant pour le climat

Joe Biden a encore affiché sa volonté réformatrice, martelant qu'il était "temps que les entreprises américaines et que les 1% d'Américains les plus riches commencent à payer leur juste part."

"Les républicains risquent de mettre deux gros obstacles sur le chemin du président."
François van der Mensbrugghe
Professeur de Droit américain (Saint-Louis, ULIège)

Autre tournant politique: le président a aussi directement lié l'emploi et le changement climatique, "alors que jusqu'ici, les démocrates évoquaient des raisons scientifiques et de bien-être commun pour œuvrer en ce sens. Les Européens ont probablement retrouvé un partenaire crédible sur ce terrain, du moins si les actes restent en ligne avec les promesses", glisse le professeur de droit américain.

Réformes difficiles

Joe Biden a encore appelé le Sénat à adopter, dès mai, un vaste projet de réforme de la police, à l'occasion de l'anniversaire de la mort de George Floyd. Mais ce ne sera pas si facile.

"Les républicains risquent de mettre deux gros obstacles sur le chemin du président", avance François van der Mensbrugghe. "D'abord, la règle qui exige une majorité qualifiée de 60 voix sur 100 pour adopter une loi au Sénat. Pour beaucoup de ses projets, Biden va être coincé. Il pourra parfois utiliser la "réconciliation budgétaire", mais ce ne sera pas aisé."

Et puis, il y a la Cour suprême des États-Unis, où six des neuf juges sont conservateurs... "On peut se demander jusqu'à quel point la Cour suprême va donner sa bénédiction aux lois de Biden...", s'interroge le professeur de Saint-Louis.

Le résumé

  • Le président américain Joe Biden a donné son premier discours face au Congrès mercredi soir.
  • Il a mis en avant son "plan pour les familles", l'emploi et son souci pour la classe ouvrière.
  • Plus que ses prédécesseurs démocrates, le locataire de la Maison-Blanche semble vouloir réformer en profondeur.

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