Joe Biden veut mettre le paquet pour moderniser les infrastructures américaines

Le president Joe Biden a présenté son plan d'investissements massifs dans les infrastructures au Carpenters Pittsburgh Training Center de Pittsburgh (Pennsylvanie). ©REUTERS

Joe Biden souhaite investir 2.000 milliards de dollars dans l’amélioration des infrastructures des États-Unis en mettant l'accent sur les énergies renouvelables.

Après l’adoption d’un plan de relance à 1.900 milliards de dollars pour secourir les Américains en difficulté à cause de la pandémie, Joe Biden garde le carnet de chèques bien ouvert. Le président des États-Unis a présenté, mercredi à Pittsburgh (Pennsylvanie), la première partie de son nouveau plan d’investissement.

621 milliards
de dollars
C'est le montant qui devrait être prévu par Joe Biden pour la remise en état de routes, ponts, ports, aéroports et voies ferrées.

"C'est ambitieux! C'est audacieux! Et nous pouvons le faire!", a-t-il lancé. "Cela permettra de créer l'économie la plus résistante, la plus forte et la plus innovante du monde", a-t-il ajouté, insistant sur la nécessité de "gagner" face à la Chine. "Il s'agit d'un investissement unique en une génération pour l'Amérique, comme nous n'en avons jamais vu ni entrepris auparavant".

Objectif, sur huit ans: consacrer pas moins de 2.000 milliards de dollars à l’amélioration des infrastructures du pays et aux investissements dans les énergies vertes. Ce plan "va créer l’économie la plus résiliente et la plus innovatrice du monde", a promis le président américain, qui a comparé cet investissement à celui de la course à l’espace au XXe siècle.

Que contient le plan?

Dans le détail, l’État devrait dépenser 621 milliards de dollars pour la remise en état des routes, ponts, ports, aéroports et voies ferrées du pays. Une partie de cette somme, 174 milliards de dollars, sera aussi consacrée aux investissements dans les véhicules électriques: incitations fiscales à l’achat, construction d’un réseau de 500.000 bornes de recharge d’ici 2030, électrification de 20% des bus scolaires, etc. 

Joe Biden propose d’augmenter les impôts sur les entreprises, dont le taux a été rabaissé par le républicain Donald Trump à 21%.

En parallèle, 400 millions de dollars devraient être investis dans les soins aux personnes âgées et handicapées, 300 millions de dollars seraient destinés à l’industrie manufacturière, 213 milliards devraient venir soutenir la construction et la rénovation de plus de deux millions de logements. Des budgets seront aussi alloués à la recherche et au développement, à la rénovation du réseau de distribution d’eau potable – avec notamment le remplacement de tous les tuyaux en plomb du pays –, aux bâtiments scolaires et à la couverture internet de 100% du territoire.

Hausse d’impôts

Le texte, baptisé "American Jobs Plan", devrait mettre particulièrement l’accent sur la lutte contre le changement climatique et le soutien aux minorités raciales. Il fait partie d’un effort plus large dont la deuxième partie, qui vise à soutenir le secteur du "care" (éducation, soins aux personnes âgées, etc.), sera dévoilée dans les prochaines semaines.

Pour régler une partie de la gigantesque facture, Joe Biden propose d’augmenter les impôts sur les entreprises, dont le taux a été rabaissé par le républicain Donald Trump à 21%. En le fixant à 28%, il espère ainsi récolter plus de 2.000 milliards de dollars sur 15 ans. Il envisage aussi de taxer davantage les profits des multinationales réalisés à l’étranger.

La loi sur les infrastructures est "un cheval de Troie pour de massives hausses d’impôts et d’autres politiques gauchistes tueuses d’emplois".
Mitch McConnell
Chef de file des républicains au Sénat

Levée de boucliers républicains

La perspective de nouvelles taxes fait déjà rugir le camp conservateur. Le patron des républicains au Sénat, Mitch McConnell, a décrié lundi la loi sur les infrastructures comme "un cheval de Troie pour de massives hausses d’impôts et d’autres politiques gauchistes tueuses d’emplois".

Dans ces conditions, la perspective de négociations fructueuses entre les deux camps pour l’adoption du texte semble peu probable. Des proches du patron des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, ont d’ores et déjà laissé entendre que, si le seuil des 60 voix sur 100 n’était pas atteint au Sénat, la majorité démocrate (qui ne dispose que de 51 voix) pourrait une fois de plus tenter de faire appel à l’outil de la réconciliation budgétaire.

C’est par ce biais que "l’American Rescue Plan", le plan de relance, a été adopté à la majorité simple. Pour "l’American Jobs Plan", la Maison-Blanche est toutefois disposée à laisser plus de temps aux pourparlers avec l’opposition. 

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