Kudlow, de chroniqueur à économiste en chef de Trump

©REUTERS

Le chroniqueur de CNBC Larry Kudlow ne croyait pas dans les politiques protectionnistes de Donald Trump. Jusqu’à ce que le président américain le nomme économiste en chef à la Maison-Blanche…

C’est Larry Kudlow, un chroniqueur de la chaîne CNBC, qui avait prédit fin 2007 et début 2008 que les Etats-Unis ne tomberaient pas en récession, que Donald Trump a choisi de placer à la tête de son Conseil économique national, l’organe chargé de l’éclairer sur les questions économiques.

Proche du président américain, et ce depuis la campagne présidentielle, Kudlow n’est pas pour autant un partisan aveugle de ses choix politiques. Au début du mois, il avait d’ailleurs dit tout le mal qu’il pensait de son intention de taxer à 25% les importations US d’acier et à 10% celles d’aluminium. Le protectionnisme "nuira à l’économie", avait-il mis en garde en ajoutant que les barrières tarifaires "n’ont quasi jamais fonctionné comme prévu et mènent presque toujours à une fin malheureuse".

Pour rappel, la goutte d’eau qui avait fait déborder le vase de Gary Cohn, le prédécesseur de Kudlow, ce sont ces mesures tarifaires contre lesquelles il avait mis en garde Trump… Mais le président a visiblement trouvé les arguments pour convaincre Kudlow. Mercredi, ce dernier retournait sa veste en saluant le fait que Trump considère les tarifs douaniers comme un élément "de négociation" et en précisant que son objectif était de former "une coalition commerciale" contre la Chine…

Économie de l’offre

Proche des milieux démocrates dans sa jeunesse, Kudlow, aujourd’hui âgé de 70 ans, avait opéré un virage à 180° en s’intéressant de près à l’économie de l’offre, basée notamment sur les bienfaits des baisses d’impôts et appliquée avec zèle par le président Reagan dans les années 80. Kudlow a d’ailleurs travaillé pour le président républicain pendant quelques années, notamment au sein du Bureau du budget de la Maison-Blanche. Cet historien de formation, qui n’a jamais terminé ses études d’économie à Princeton, est ensuite parti à la banque d’investissements Bear Stearns, dont il a dirigé le département d’économie à la fin des années 80 et au début des années 90. Il s’est ensuite reconverti dans les médias.

Extraverti et plutôt cash, Kudlow a très vite rejoint l’équipe de campagne de Trump. Mais il s’en était distancié après la publication d’un enregistrement dans lequel le milliardaire tenait des propos salaces au sujet des femmes. C’était en octobre 2016. Le coup de froid n’aura pas duré très longtemps et il se dit que Kudlow aurait participé, dans l’ombre, à l’élaboration du projet de baisses d’impôts qui aura finalement été adopté par le Congrès en décembre dernier.

Son nom venait d’être lâché dans les médias américains, mercredi, que Kudlow, en bon chroniqueur, s’exprimait déjà au sujet des prochaines politique économiques de son patron. Et les soutenait. Il s’agira notamment de pousser à l’adoption d’une nouvelle batterie de mesures fiscales visant essentiellement à pérenniser les baisses d’impôts sur les revenus. Une mesure qui pourrait coûter 500 milliards de dollars, selon deux économistes d’Harvard, Robert Barro, un conservateur, et Jason Furman, un ancien conseiller du prédécesseur démocrate de Trump, Barack Obama. "Les individus ont droit à une baisse (d’impôts) permanente", déclarait mercredi Kudlow.

Le président Trump s’apprêterait également à imposer de nouveaux tarifs douaniers aux importations en provenance de Chine. Mais plus question pour ce partisan du libre-échange de s’en émouvoir. "La Chine n’aurait que ce qu’elle mérite sur le plan commercial", s’est-il exclamé.

Le dollar et les taux

Quant au dollar, Kudlow le veut "fort". "Un grand pays a besoin d’une devise forte", a-t-il lancé alors que certains commentateurs se sont demandé ces derniers mois si Trump n’était pas plutôt en faveur d’un dollar faible, favorisant les exportations US. Et les taux d’intérêt, il ne veut pas les voir monter trop vite. "Le marché prendra soin de lui-même", a-t-il déclaré en s’adressant indirectement à la Réserve fédérale américaine, qui s’apprête à relever ses taux.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content